Quatrième de couverture
dans certains ouvrages qui peinent à assimiler la recherche historique ancienne et récente. Il est vrai que, jusqu’au Moyen Âge, l’autorité (latin auctoritas) d’un texte était rapportée au prestige de son auteur (latin auctor).
Au XVIIe siècle, depuis les travaux du hollandais Baruch Spinoza et du français Richard Simon en particulier, l’authenticité mosaïque du Pentateuque a été battue en brèche. Et c’est avec la question de la rédaction du Pentateuque que la démarche scientifique, avec ses procédures analytiques, a fait son entrée dans la lecture de la Bible. À la fin du XIXe siècle, elle a cru arriver à un point d’équilibre avec la « théorie documentaire » (exposée dans ce Cahier p. 21-29).
Enquêter sur les origines d’un texte si fondamental pour les religions juive et chrétienne a conduit, bien sûr, à reconsidérer la question de l’auctoritas non seulement du Pentateuque mais de toute écriture biblique.
Or, depuis environ quarante ans, la « théorie documentaire » ne fait plus l’unanimité parmi les savants. En 1998, dans le CE n° 106, le professeur Olivier Artus exposait l’approche qui recueillait alors un certain consensus. En 2011 – à cinquante numéros d’écart –, il revient sur son propos et s’en explique dans les pages qui suivent.
Sa présentation est historique et l’on appréciera la clarté du premier chapitre qui aborde le moment de la clôture du Pentateuque ou, plus exactement, de la « Torah », terme qui pose d’emblée l’autorité de l’ensemble. Le Ve siècle avant notre ère, sous la domination perse, en est le moment décisif. Par la suite – sans écarter ce qui est encore hypothèse – le lecteur sera sensible à ce qui est appelé « herméneutique intra-biblique », c’est-à-dire le processus par lequel une interprétation inédite d’un récit ou d’une loi, née d’un nouveau contexte socio-historique, s’imprime dans le texte biblique qu’elle commente et enrichit.
En donnant des clés historiques rénovées, O. Artus propose également des clés théologiques. Le cadre restreint du Dossier ne pouvait que l’obliger à être suggestif. Mais le bénéfice premier d’un tel CE, nous le croyons, est de souligner avant tout « l’incarnation » de la Parole de Dieu qui s’est donnée dans des paroles humaines.
Et la lectio divina, dont il est question dans les pages Actualités, peut alors, sur les mêmes textes, engager ensuite son activité d’écoute amoureuse...
Cahier Évangile n°156
80 pages, SBEV/Éd. du Cerf, juin 2011


