Quatrième de couverture
La guerre prend fin. Tokyo est dévastée. Le 10 mars 1945, les B 29 du général américain Le May bombardent Tokyo. On parle de cent trente mille morts, presque autant que pour le bombardement de Dresde à peine un mois plus tôt. Partout des entassements de corps calcinés. On aurait dit des stères de charbon de bois. Des corps enflés encombrent le cours de la Sumida... L’écrivain d’avant-garde Osamu Dazaï avait trouvé une formule amère pour qualifier le Japon d’après-guerre : « La tribu du Soleil Couchant ». Il s’était défini avant son suicide comme une « non-personne » avec la « passion du néant ».
Deux ans après, Satoko entend le cri d’un homme amputé et aveugle : « Ne nous oubliez pas, nous qui avons tout perdu. » Resurgirent violemment dans sa mémoire les images d’horreur enfouies.
Intellectuelle comme Dazaï, mais à l’opposé, Satoko Kitahara, riche jeune fille de l’aristocratie japonaise, découvre une autre vision : celle de l’amour de Dieu et des hommes. En dépit des réticences familiales, elle est baptisée en 1951, après un brillant cursus universitaire. Traumatisée par la pauvreté des chiffonniers durant l’après-guerre, elle quitte tout et se fait chiffonnière parmi les chiffonniers. Son grand amour de la Vierge l’a fait appeler « Mary of the Ragpickers » (Marie des chiffonniers). Atteinte par la tuberculose, elle meurt dans la Cité des Fourmis, à l’âge de vingt-neuf ans.
Elle fut une artisane héroïque de la réconciliation entre les différentes classes sociales et les religions du Japon. Et son rayonnement ne cesse de grandir.


