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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


L'OR DU CHEMIN

DE PREVAL PAULINE

ALBIN MICHEL
14,00 €

L’Italie au XVème siècle forme une vaste fresque picturale s’étirant de ville en ville et témoignant de l’importance primordiale des arts dans la vie quotidienne. Les commandes affluent, les peintres et leurs écoles font danser les couleurs dans la chaude lumière méditerranéenne de Florence, de Sienne ou de Padoue ! Les yeux gourmands se gorgent des richesses tirées des récits bibliques qui s’affichent dans les églises et les chapelles rutilantes de décors.
     L’Italie s’habille des histoires venues de la Bible. L’imprégnation religieuse y est totale.
     Le jeune Giovanni – artiste né – ne peut échapper à cette prégnance. Doué dès la petite enfance, sa vocation pour la peinture étayée par ses talents l’amènent à devenir l’apprenti du Maître Stamina et à apprendre l’habilité du geste pour extirper l’enfoui afin d’éclairer la toile.
     « Parmi tous les peintres qui se réclamaient de Giotto, il était un des rares à en poursuivre vraiment l’esprit et la manière ».
     Ainsi le lecteur s’embarque pour l’Italie afin d’y découvrir le spectacle des trésors des ornementations architecturales et picturales. Il participe à l’exigence du long apprentissage du jeune peintre ou l’humilité de l’élève doit se concilier avec l’émergence de sa personnalité. De cette lutte éprouvante et captivante sortiront le tempérament et le caractère propre de Giovanni.
     « Alors commencèrent pour moi des années bénies. Des années où je me livrai à un corps à corps avec la matière pour découvrir ses affinités avec la lumière, et où je preuve d’une docilité qui vainquit les dernières réticences de ma mère. Jamais jusque-là je n’avais pu obéir à personne ».
     L’école de la vie, la marque imprimée par la douceur de l’amitié ou de l’amour, les bleus de l’âme, les rouges aux joues, le gris des cernes seront le terreau d’où germera la vérité du peintre.
     Cependant, seul l’amour follement blessé pour Leonora donnera à Giovanni les clés pour approcher et cerner la vérité de ce que le peintre veut exprimer pour toucher son spectateur.
     « Et moi, qu’ai-je peint qui puisse les toucher ? ».
     Ce roman au phrasé délicat porte la tension spirituelle de la société de la pré-renaissance et de ses acteurs. A chaque coudée jaillit la présence divine. Elle emplit et force le trait du peintre, habite le regard de ses personnages, épaissi son discours.
     « C’est peut-être pour qu’il ait le mérite de la reconquérir à l’âge adulte que Dieu expulse l’homme du paradis de son enfance… Meurtri par la perte d’un état de grâce originel, j’étais galvanisé par les possibilités nouvelles qui m’apparaissaient ».
     «Tout en eux et autour d’eux devait manifester l’ordre divin dont ils étaient porteurs de manière à frapper les esprits à toucher les cœurs ».
     « Surtout n’oublie jamais que la peinture n’est pas d’abord une question de technique, mais de vision ».
     Pauline de Préval nous ouvre les yeux pour mieux voir le Paradis, nous montrer l’or du chemin.



PLON
25,00 €

   A bien y réfléchir, rien d’étonnant à ce que ce soit un intellectuel écrivain d’origine étrangère — Metin Arditi — qui ait l’honneur de rédiger les articles de ce dictionnaire de l’Esprit français. Probablement mieux qu’un Français à qui sa seule naissance confie naturellement ce trésor inestimable, le découvreur cherche à en étreindre plus précisément les contours, s’immisce dans son épaisseur, goûte à toutes ses saveurs. Il ne semble jamais en être repu.

     Souvenons-nous que le Français fut la langue diplomatique et que le rayonnement de notre pays fit briller ce fameux Esprit français partout dans le monde ou presque. Les français en conservent le souvenir, les autres continuent, je l’espère, à en récolter les fruits.
     Cet Esprit ressemble à l’amour porté à un être cher. Nous en ressentons les vibrations, il fait palpiter notre cœur, hérisser notre chair, briller notre esprit, mais dès qu’il est nécessaire de le définir précisément les mots nous manquent et la chose nous file entre les pattes. Vouloir le définir c’est déjà la crainte que l’Esprit nous échappe.
     Metin Arditi est donc bien méritant d’avoir tenté l’exercice qui consiste à fouiller tout ce que cet Esprit recouvre. Qu’il en soit remercié.
    Avec enthousiasme, article après article, Metin Arditi inventorie tout ce que cet Esprit représente pour lui et selon lui. Soyons rassuré, il reste pour le lecteur, une fois ces preuves passées en revue, à continuer son inventaire personnel ! Mais le travail entrepris nous y aide grandement, il nous ouvre la route et nous donne des pistes. Il constitue un commencement d’accumulation de preuves de ce qu’il est concrètement.
     Feuilleter la table des matières et considérer ses têtes de chapitre c’est déjà humer la diversité et la consistance des richesses de la matière constitutive de ce fameux Esprit.
     Chronologiquement et arbitrairement vous trouverez des articles évoquant : Les Années folles, Apollinaire, Astérix, Brassens, Chateaubriand, Cheng, la Comédie-Française, Offenbach, le TGV , Versailles ou Louise de Vilmorin !



LIRE SOUS L'OCCUPATION

CANTIER JACQUES

CNRS
25,00 €

Le lecteur féru d’histoire ne manquera pas la publication par le CNRS de ce travail remarquable et très approfondi sur la lecture au temps de l’Occupation.

Si l’essai s’adresse prioritairement à un public motivé comme l’usage nous invite à le dire il n’en demeure pas moins passionnant et accessible. L’essai comporte le portrait d’une France attachée plus que jamais aux livres, certaine que la reconquête de son esprit et de sa liberté passera par l’écrit.

Le lecteur y trouvera évoquées non seulement la place politique mais également la dimension économique du livre dans la société française de l’époque, l’un ne pouvant se détacher de l’autre.

Les origines évoquées pour expliquer le développement de la place du livre dans la vie des Français trouvent leurs sources dans le progrès technique de production, la multiplication des ouvrages édités et l’amélioration de la diffusion de ceux-ci par l’accroissement du nombre de librairies.

Un phénomène pour le moins inattendu se produisit entre 1939 et 1945 : une soif inextinguible, un appétit démesuré pour le livre ! Qui devint éclat de lumière dans la noirceur des temps.

Les autorités, les auteurs et les éditeurs mesurèrent alors le rôle politique prépondérant que la lecture allait jouer dans la France des années noires.

Les allemands et le régime de Vichy instaurèrent une politique de surveillance voir de censure de l’écrit et les éditeurs jouèrent leur propre partition quand ils disposaient de papier pour imprimer. Pendant ce même temps les auteurs hésitèrent à s’engager clairement en usant d’une écriture oscillant entre la soumission et l’estocade.

Un essai nécessaire qui contient les prémices de la vie du livre depuis la Libération jusqu’à nos jours.

 



COLETTE ET JACQUES

DUHAMEL OLIVIER

PLON
18,90 €

Il est également beaucoup question de la France occupée dans ce récit qu’Olivier Duhamel consacre à ses parents. C’est pourquoi j’ai souhaité vous en dire quelques mots aujourd’hui.

En rendant hommage à son père - Jacques Duhamel – résistant et homme politique engagé c’est le portrait d’une classe d’hommes et de femmes qui ont servi leur pays avec intelligence et détermination qui nous est brossé.

C’est aussi l’histoire d’amour entre Jacques et Colette, femme de tempérament engagée dans l’édition

Les passionnés d’histoire des institutions et d’histoire des Lettres y trouveront leur compte.



MES VIES SECRETES

BONA, DOMINIQUE

GALLIMARD
20,00 €

Je me suis souvent demandé pourquoi le choix des personnalités du monde des arts fait par la remarquable biographe Dominique Bona correspondait à mes goûts.
Au cours du temps en lisant ses titres, Dominique Bona m’a donné l’inestimable privilège d’appartenir à la grande famille littéraire. Je pouvais enfin goûter au plaisir de côtoyer leur intimité, partager leurs ambitions intellectuelles, mieux appréhender celles et ceux qui avaient été mes compagnons de vie: Romain Gary, Stefan Zweig, Clara Malraux, Paul Valéry, Colette et quelques autres…
Voir le produit sur le site du libraire
Avec la publication de « mes vies secrètes », je peux enfin répondre à ma question et comprendre pourquoi et comment se sont échafaudées ces biographies.
Les raisons en sont multiples, mais il en est une qui domine et de haut toutes les autres : la rencontre.
Lire cet essai fait de toutes ces rencontres humaines c’est partager à nouveau la chaleur des vies de ces femmes et de ces hommes qui ont construit par leur art le monde qui nous entoure. Dominique Bona après un travail acharné pour connaître parfaitement leurs œuvres et leurs créations nous a transmis le désir de les découvrir parce qu’elle a réussi à comprendre au moins partiellement qui ils étaient.
Ce récit est un mélange d’humour, de passion, de travail où perce une flamme éclairant de l’intérieur la passion de Dominique Bona pour son travail.
Le lecteur y découvrira l’intérieur foisonnant de l’appartement de Jean-Marie Rouart ou la belle personnalité combative de Simone Gallimard mais aussi la face sombre et insoupçonnée de ceux que nous ne connaissons que par le tamis de leurs écrits.
Sensible et haletant à la manière d’un récit d’enquêtes littéraires ce livre vous charmera.



LE DORMANT D'EPHESE

ACCART XAVIER

TALLANDIER
19,90 €

C’est dans la tourmente française des commencements du XXe siècle où les lois d’expulsion des Congrégations sont promulguées par le Président du Conseil Emile Combes que le catholique et breton Renaud – l’une des figures centrales du premier roman de Xavier Accart – doit se bâtir et s’élever. Mais Renaud trébuche alors qu’il s’apprête à devenir adulte et à s’engager pleinement sur ce chemin de vie exigeante et à adopter la hauteur de vue à laquelle tout son être aspire.
Aussitôt surgit une question lancinante qui brûlera toute la vie de Renaud et s’étirera au long des 328 pages du roman : Qu’ai-je fait de mes promesses ?
Comment se réconcilier avec soi-même et aux yeux de son entourage ? Ses choix lui permettront-ils de combler cet écart si soudainement creusé par ses manquements et ses inconduites entre ses velléités d’une vie pure et aimante et ses « agissements fautifs » ?
Ses remèdes d’urgence imposés par les circonstances seront la fuite vers l’Egypte, les regards attentifs portés sur les âmes rencontrées au cours de ses pérégrinations, le don et l’oubli de soi. Ils seront autant d’esquives pour éviter les écueils de la vie et bâtir autrement l’idéal avorté des débuts.
Renaud s’engage alors dans une quête d’accomplissement semée d’embuches. Plus les épines seront piquantes plus Renaud élèvera son regard et retournera s’abreuver aux sources de sa foi, aux textes bibliques. Ils seront ses repères spirituels balisant sa progression vers la rédemption.
Mais son élan vital, sa soif d’absolu et de vérité c’est son fils Malques conçu avec Mari - la jeune femme aimée à jamais - qui en est le porteur malgré lui et au-delà l’absence de son père.
Révolté à l’image de son époque, Malques s’insurge contre le « monde chahuté » dans lequel il grandit, une mère naïve, les bondieuseries de sa marraine. Il souffre de l’absence d’un père qu’il ne connaît pas mais dont l’image le hante.
Sa volonté se forge dans les secousses du temps où les guerres choquent les existences et cassent les vies. Sa pensée se construit dans le maelstrom des courants philosophiques à la mode. Surgissent dans le roman Romain Rolland lançant la querelle des Appels de l’Orient, Henri Massis, René Guénon et les Surréalistes du Paris des années vingt.
Dans cette agitation des temps et des êtres c’est l’éruption de l’amour qui sauve Malques, le rend victorieux de ses démons et l’apaise.
Les personnages du Dormant d’Ephèse ont un sens développé du sacré et évoluent dans une France où le christianisme éclaire les âmes et structure les consciences à un point que l’on a bien des difficultés à concevoir aujourd’hui.
Xavier Accart est pétri de culture et mû par un idéal irrigant son écriture sensible. Il nous embarque dans un roman tout à la fois intimiste et épique à travers l’aventure d’une famille ballotée par les secousses de l’histoire.