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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


MES VIES SECRETES

BONA, DOMINIQUE

GALLIMARD
20,00 €

Je me suis souvent demandé pourquoi le choix des personnalités du monde des arts fait par la remarquable biographe Dominique Bona correspondait à mes goûts.
Au cours du temps en lisant ses titres, Dominique Bona m’a donné l’inestimable privilège d’appartenir à la grande famille littéraire. Je pouvais enfin goûter au plaisir de côtoyer leur intimité, partager leurs ambitions intellectuelles, mieux appréhender celles et ceux qui avaient été mes compagnons de vie: Romain Gary, Stefan Zweig, Clara Malraux, Paul Valéry, Colette et quelques autres…
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Avec la publication de « mes vies secrètes », je peux enfin répondre à ma question et comprendre pourquoi et comment se sont échafaudées ces biographies.
Les raisons en sont multiples, mais il en est une qui domine et de haut toutes les autres : la rencontre.
Lire cet essai fait de toutes ces rencontres humaines c’est partager à nouveau la chaleur des vies de ces femmes et de ces hommes qui ont construit par leur art le monde qui nous entoure. Dominique Bona après un travail acharné pour connaître parfaitement leurs œuvres et leurs créations nous a transmis le désir de les découvrir parce qu’elle a réussi à comprendre au moins partiellement qui ils étaient.
Ce récit est un mélange d’humour, de passion, de travail où perce une flamme éclairant de l’intérieur la passion de Dominique Bona pour son travail.
Le lecteur y découvrira l’intérieur foisonnant de l’appartement de Jean-Marie Rouart ou la belle personnalité combative de Simone Gallimard mais aussi la face sombre et insoupçonnée de ceux que nous ne connaissons que par le tamis de leurs écrits.
Sensible et haletant à la manière d’un récit d’enquêtes littéraires ce livre vous charmera.



LE DORMANT D'EPHESE

ACCART XAVIER

TALLANDIER
19,90 €

C’est dans la tourmente française des commencements du XXe siècle où les lois d’expulsion des Congrégations sont promulguées par le Président du Conseil Emile Combes que le catholique et breton Renaud – l’une des figures centrales du premier roman de Xavier Accart – doit se bâtir et s’élever. Mais Renaud trébuche alors qu’il s’apprête à devenir adulte et à s’engager pleinement sur ce chemin de vie exigeante et à adopter la hauteur de vue à laquelle tout son être aspire.
Aussitôt surgit une question lancinante qui brûlera toute la vie de Renaud et s’étirera au long des 328 pages du roman : Qu’ai-je fait de mes promesses ?
Comment se réconcilier avec soi-même et aux yeux de son entourage ? Ses choix lui permettront-ils de combler cet écart si soudainement creusé par ses manquements et ses inconduites entre ses velléités d’une vie pure et aimante et ses « agissements fautifs » ?
Ses remèdes d’urgence imposés par les circonstances seront la fuite vers l’Egypte, les regards attentifs portés sur les âmes rencontrées au cours de ses pérégrinations, le don et l’oubli de soi. Ils seront autant d’esquives pour éviter les écueils de la vie et bâtir autrement l’idéal avorté des débuts.
Renaud s’engage alors dans une quête d’accomplissement semée d’embuches. Plus les épines seront piquantes plus Renaud élèvera son regard et retournera s’abreuver aux sources de sa foi, aux textes bibliques. Ils seront ses repères spirituels balisant sa progression vers la rédemption.
Mais son élan vital, sa soif d’absolu et de vérité c’est son fils Malques conçu avec Mari - la jeune femme aimée à jamais - qui en est le porteur malgré lui et au-delà l’absence de son père.
Révolté à l’image de son époque, Malques s’insurge contre le « monde chahuté » dans lequel il grandit, une mère naïve, les bondieuseries de sa marraine. Il souffre de l’absence d’un père qu’il ne connaît pas mais dont l’image le hante.
Sa volonté se forge dans les secousses du temps où les guerres choquent les existences et cassent les vies. Sa pensée se construit dans le maelstrom des courants philosophiques à la mode. Surgissent dans le roman Romain Rolland lançant la querelle des Appels de l’Orient, Henri Massis, René Guénon et les Surréalistes du Paris des années vingt.
Dans cette agitation des temps et des êtres c’est l’éruption de l’amour qui sauve Malques, le rend victorieux de ses démons et l’apaise.
Les personnages du Dormant d’Ephèse ont un sens développé du sacré et évoluent dans une France où le christianisme éclaire les âmes et structure les consciences à un point que l’on a bien des difficultés à concevoir aujourd’hui.
Xavier Accart est pétri de culture et mû par un idéal irrigant son écriture sensible. Il nous embarque dans un roman tout à la fois intimiste et épique à travers l’aventure d’une famille ballotée par les secousses de l’histoire.



TABLE RONDE
18,00 €

Le premier roman de Joseph Ponthus est une rareté littéraire, une embarcation poétique naviguant dans les courants et flux des usines, de leurs chaines et enchainements, de leurs rythmes inhumains. Une pénétration consentie dans l’intime des travailleurs, ses zones inexplorées, cachées parce que chez ces gens-là il est inavouable – mal vu et quasi incompréhensible – de montrer qu’on pense, réfléchit, lit. C’est se désagréger de son identité sociale. Une fenêtre ouverte laissant pénétrer les vents mauvais, les odeurs de liberté, les plaisirs du beau et les forces de la culture, les prémices d’une libération.Penser c'est une fénêtre ouverte.

Voici publié un roman social nous révélant que les ouvriers ne sont pas que des corps aliénés, soumis à la répétition de cadences dont ils n’ont pas la maîtrise, des ventres à calmer et des bras à occuper asséchant leur esprit.

Si l’agent de maîtrise contrôle leur ponctualité, la rectitude et la justesse des gestes, la longueur des temps de pause, il ne sait pas encore contraindre l’ouvrier à se vider totalement, se délester dès son entrée en poste de son humanité.

C’est dans cet interstice habité que nous promène Joseph Ponthus. Il révèle le tout venant des idées qui passent par la tête de cet ouvrier narrateur. Il est cultivé, a des lettres, se remémore ses lectures, fredonne des airs qui caressent le cœur et le corps de leurs résonances.

Ce récit est un choc entre deux mondes a priori étanches.

De forme poétique, la narration de Joseph Pontus pénètre l’aridité désincarnée de sols froids et gris des bâtiments d’usine, casse et explose le brouhaha infernal des machines, qui impose le repli sur soi.

Laissez-vous surprendre.



GLISSEZ, MORTELS

CHARLOTTE HELLMAN

REY
18,00 €

Charlotte Hellman est l’arrière-arrière-petite-fille du peintre pointilliste Paul Signac (1863-1935).

- Pour Charlotte Hellman ce récit relève de la nécessité de revisiter son ascendance aussi curieuse que prestigieuse, de faire le ménage dans un récit familial parfois tronqué, de libérer par l’écriture une vérité qui rende hommage aux femmes du peintre qui les écrasa par sa notoriété alors qu’elles auraient mérité par elles-mêmes un sort bien meilleur.

Jusqu’alors l’histoire familiale avait pour principale source la correspondance du peintre. Charlotte Hellman a poussé plus loin l’enquête. Elle a déboulonné les vérités toutes acquises et transmises par les mères à leurs filles de génération en génération pour reconstruire et tisser pour nous une autre histoire probablement plus proche de ce que ses acteurs vécurent.

- Pour le lecteur ce récit touchant éclaire de l’intérieur la vie du peintre et souligne la place prépondérante que Berthe et Jeanne – les deux femmes de Paul Signac – prirent dans la constitution de son œuvre comme dans l’histoire de la vie sociale et artistique de l’époque.

Pour Berthe l’épouse de Paul Signac la rupture fut brutale. Après 28 années de vie commune qui ne donnèrent pas de descendance au couple, Paul la quitta pour Jeanne une « amie de la famille » comme l’on doit dire. Jeanne portée par l’amour de feu qu’elle vouait à Paul, divorça et abandonna ses trois premiers enfants. Ils eurent ensemble une fille Ginette.

Ce récit mêle histoire intime et histoire des idées et tisse devant nous la biographie d’un peintre engagé dans son époque, ses combats et ses querelles.

Emerge la figure décisive et amicale de Georges Seurat – tête de proue des néo- impressionnistes – et celle du grand Monet. Puis les tendances et mouvements picturaux s’agitent au long des pages avec les chaleurs vives et crues du fauvisme, vibrent dans l’air du temps et animent le récit de la vie de celui qui deviendra le président du Salon des Artistes indépendants.

C’est aussi pour le lecteur une observation sensible de la naissance de la ville de St Tropez, avec ses couleurs, ses odeurs, ses arbres, ses fleurs, ses jardins où Paul Signac élu son domicile. Il en fut après Maupassant l’inventeur et le promoteur.



ACTES SUD
13,00 €

     Nous allons célébrer tout au long de cette année le deux-centième anniversaire de la naissance du grand compositeur et animateur du Second Empire Jacques Offenbach (1819 - 1880).
     C’est à l’un des plus fins connaisseurs de la vie et de l’œuvre du compositeur – Jean-Claude Yon – que les éditions Actes Sud ont confié la présentation de cette correspondance   qui  démontre   ne serait-ce que par son épaisseur la vitalité, la force de travail et la place primordiale qu’il occupa !
      Grâce à l’index figurant à la fin du volume, le lecteur d’un coup d’œil comprend les liens tissés avec le monde musical de l’époque et son effervescence.
     Il est vrai que la presse scénarisait l’intrépide vie musicale et faisait pénétrer l’auditeur spectateur dans les coulisses des théâtres à l’activité grouillante et presque aussi passionnante que celle de la scène.
     L’intérêt de l’édition tient entre autres à ce que le lecteur d’aujourd’hui goûte en direct au regard d’Offenbach sur son époque. Afin de faciliter la compréhension chacun des textes est contextualisé.



FRANCOIS, ROMAN

TAILLANDIER FRANCOIS

STOCK
19,00 €

     Peut-on retrouver l’enfant que nous étions 60 ans auparavant ? Savoir avec vérité qui il était ?
     C’est ce voyage vers la terre de son enfance puis de sa jeunesse que François Tallandier vient d’effectuer et qu’il nous dévoile dans ce récit très abouti, intitulé : « François, roman ».
   François Tallandier justifie l’emploi du mot roman par l’idée que si tout ce qu’il est devenu lui vient bien de ce François des années 60, l’enfant de ces années-là lui échappe  en  partie.  Non pas que la mémoire de l’écrivain flanche, que les documents manquent, mais simplement que la vérité oblige à admettre que cet enfant a gardé une part de mystère que l’adulte ne peut plus atteindre. Ce mécanisme d’approche vers cette contrée familière du soi-même n’autorise ni ne permet de forcer ce trésor intérieur que le jeune François gardera comme un personnage de roman autonome et inatteignable dans sa totalité.
     Le lecteur goutte avec délectation dès les premières pages à l’ambiance littéraire du récit. C’est le confort du petit François mais aussi le plaisir que la morosité et la mélancolie de ce retour en arrière procure à l’écrivain qui nous est parfaitement restitué.
      La France des années de jeunesse du futur écrivain sur laquelle le Général de Gaulle veille encore n’est plus qu’un souvenir que nos villes et nos campagnes ont effacé mais dont la plume de François Tallandier restitue l’haleine.
      « À ferrières (ville de ses grands-parents) j’ai touché des yeux une France où le boulanger cuisait du pain qui ne rassissait pas en un jour, où l’on allait quérir le lait à l’étable, où les petites filles défilaient à l’occasion de la Fête Dieu… ».
      C’est le miracle de l’écriture que de reconstruire ce à quoi nous ne pourrons plus jamais goûter puisque « toute cette société villageoise s’est écroulée en une génération, la mienne. Oui décidemment l’époque fut à l’abandon des contrées ».
     Quelques-uns des personnages du récit nous touchent. Principalement François avec son goût pour les lettres scellé avec l’admiration du Cyrano d’Edmond Rostand et doublée d’une certaine gaucherie dans les choses de la vie. Plus encore que l’admiration pour celui qui découvre et s’attache définitivement à la littérature c’est sa maladresse qui emporte notre faveur. Puis François nous transmet les émotions éprouvées pour ce couple qui le garda à la sortie de la classe, nous fait nous réjouir de l’intérêt qu’il porta aux écrits miraculeusement retrouvés de sa grand-tante Jeanne devenue Sœur Marie Saint-Anselme ou encore nous incite à partager l’admiration qu’il voua à cet abbé passeur et prêteur de livres !
      Le décor posé, l’atmosphère restituée ceux-ci prennent vie avec des airs de cantiques et de chansons que François garde en mémoire et que nous finissons nous-mêmes par fredonner.
       Mais ce qui frappe peut-être le plus profondément le lecteur c’est le constat dressé par l’écrivain que la France de l’époque si imprégnée de catholicisme va si rapidement se dissoudre sous les effets conjugués de Vatican II et de mai 68.