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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


TABLE RONDE
24,00 €

Voici un titre à la fois utile, plaisant et beau que chaque amateur de livre ne manquera pas d’avoir dans sa bibliothèque.

Les mots du livre sont utiles voir précieux pour le professionnel et l’amateur mais aussi pour le collectionneur de mots rares et désuets qui souvent sont menacés de disparition.

En lisant l’ouvrage, vous saurez ce qu’est un « cul-de-lampe », « l’ébarbage » ou bien encore l’histoire de la famille Mame. Le livre est construit comme un dictionnaire.

Le livre se feuillète avec plaisir en raison de la mise en page soignée, de la typographie et des illustrations qui ponctuent et aèrent le texte.

Enfin le livre est en lui-même un bel objet grâce à la reliure suisse, le rabat en papier japonais et aux caractères PS Fournier et Pilat dessinés par Stéphane Elbaz.



COCTEAU SUR LE RIVAGE

RASIMI, OLIVIER

ARLEA
17,00 €

La grâce poétique d’Olivier Rasimi rend hommage au génie littéraire d’un Raymond Radiguet mort à 20 ans emporté de l’autre côté du rivage, au paradis où les mots règnent sans partage et rayonnent à l’infini.

Jean Cocteau pénètre alors l’empire d’une nuit sombre et douloureuse qu’aucun jour ne semble apte à briser, qu’aucun ciel et qu’aucune lumière ne parviennent à dissiper durablement. Ses rêves s’étirent en épousant les formes des brumes incandescentes de l’opium et ses voyages échouent à extraire l’écrivain de son exil sur terre.

La pureté naturelle de son refuge inondé du soleil irradiant de Villefranche-sur-Mer à quelques coudées de Nice heurte la carapace de l’écrivain retiré pour un temps du monde avec lequel il aime frayer.

« D’ici on voit l’Estérel, et jusqu’au cap d’Antibes. Les palmiers balancent leur tête au vent. Les vagues roulent les galets brûlants. Un air délicieux et tiède caresse leur visage. Ce pays est un paradis, une conque de lumière posée contre la mort, une aurore permanente que Cocteau ne veut plus quitter ».

Olivier Rasimi peint la peine et dit l’amitié tissée entre ces hommes et ces femmes réunis par l’art pour chanter le beau. Missia Sert, Coco Chanel accompagnent l’enfant jusqu’à la douane de son ciel, Max Jacob, Picasso, George Auric et leurs amis quittant le Bœuf sur le Toit visitent Cocteau sur le rivage.

A la pointe, en apothéose, plus ardent que les rayonnements des astres, Dieu fait de Jacques et Raissa Maritain ses passeurs. Cocteau prie, Maurice Sachs se fait baptiser. Dieu règne et accomplit son œuvre ouvrant ses bras secourables dans lesquels le poète se blottit pour trouver la force de vivre ici-bas encore et sourit.

Ce livre est un don offert au lecteur où les mots transpercent son cœur et cicatrisent les plaies presque encore souffrantes du poète abandonné.



HAZAN
25,00 €

Le 2 mai prochain nous célébrerons le 500e anniversaire de la mort au Château du Clos Lucé à Amboise au pied de la Loire de Léonard de Vinci.

Nous espérons bien connaître l’homme mais nous mesurons également que la tâche est ample tant cet artiste savant a accompli une œuvre d’une exceptionnelle amplitude.

Il existe une multitude d’ouvrages afin de découvrir facette après facette le génie de la pensée, mais je vous invite à vous reporter à celui de Daniel Arasse.

Dense, cet ouvrage permet d’appréhender dans sa globalité et loin des sentiers battus le travail de l’artiste philosophe.

L’iconographie aide à mieux saisir et comprendre Léonard de Vinci et permet une agréable respiration dans la lecture du texte.



L'OR DU CHEMIN

DE PREVAL PAULINE

ALBIN MICHEL
14,00 €

L’Italie au XVème siècle forme une vaste fresque picturale s’étirant de ville en ville et témoignant de l’importance primordiale des arts dans la vie quotidienne. Les commandes affluent, les peintres et leurs écoles font danser les couleurs dans la chaude lumière méditerranéenne de Florence, de Sienne ou de Padoue ! Les yeux gourmands se gorgent des richesses tirées des récits bibliques qui s’affichent dans les églises et les chapelles rutilantes de décors.
     L’Italie s’habille des histoires venues de la Bible. L’imprégnation religieuse y est totale.
     Le jeune Giovanni – artiste né – ne peut échapper à cette prégnance. Doué dès la petite enfance, sa vocation pour la peinture étayée par ses talents l’amènent à devenir l’apprenti du Maître Stamina et à apprendre l’habilité du geste pour extirper l’enfoui afin d’éclairer la toile.
     « Parmi tous les peintres qui se réclamaient de Giotto, il était un des rares à en poursuivre vraiment l’esprit et la manière ».
     Ainsi le lecteur s’embarque pour l’Italie afin d’y découvrir le spectacle des trésors des ornementations architecturales et picturales. Il participe à l’exigence du long apprentissage du jeune peintre ou l’humilité de l’élève doit se concilier avec l’émergence de sa personnalité. De cette lutte éprouvante et captivante sortiront le tempérament et le caractère propre de Giovanni.
     « Alors commencèrent pour moi des années bénies. Des années où je me livrai à un corps à corps avec la matière pour découvrir ses affinités avec la lumière, et où je preuve d’une docilité qui vainquit les dernières réticences de ma mère. Jamais jusque-là je n’avais pu obéir à personne ».
     L’école de la vie, la marque imprimée par la douceur de l’amitié ou de l’amour, les bleus de l’âme, les rouges aux joues, le gris des cernes seront le terreau d’où germera la vérité du peintre.
     Cependant, seul l’amour follement blessé pour Leonora donnera à Giovanni les clés pour approcher et cerner la vérité de ce que le peintre veut exprimer pour toucher son spectateur.
     « Et moi, qu’ai-je peint qui puisse les toucher ? ».
     Ce roman au phrasé délicat porte la tension spirituelle de la société de la pré-renaissance et de ses acteurs. A chaque coudée jaillit la présence divine. Elle emplit et force le trait du peintre, habite le regard de ses personnages, épaissi son discours.
     « C’est peut-être pour qu’il ait le mérite de la reconquérir à l’âge adulte que Dieu expulse l’homme du paradis de son enfance… Meurtri par la perte d’un état de grâce originel, j’étais galvanisé par les possibilités nouvelles qui m’apparaissaient ».
     «Tout en eux et autour d’eux devait manifester l’ordre divin dont ils étaient porteurs de manière à frapper les esprits à toucher les cœurs ».
     « Surtout n’oublie jamais que la peinture n’est pas d’abord une question de technique, mais de vision ».
     Pauline de Préval nous ouvre les yeux pour mieux voir le Paradis, nous montrer l’or du chemin.



PLON
25,00 €

   A bien y réfléchir, rien d’étonnant à ce que ce soit un intellectuel écrivain d’origine étrangère — Metin Arditi — qui ait l’honneur de rédiger les articles de ce dictionnaire de l’Esprit français. Probablement mieux qu’un Français à qui sa seule naissance confie naturellement ce trésor inestimable, le découvreur cherche à en étreindre plus précisément les contours, s’immisce dans son épaisseur, goûte à toutes ses saveurs. Il ne semble jamais en être repu.

     Souvenons-nous que le Français fut la langue diplomatique et que le rayonnement de notre pays fit briller ce fameux Esprit français partout dans le monde ou presque. Les français en conservent le souvenir, les autres continuent, je l’espère, à en récolter les fruits.
     Cet Esprit ressemble à l’amour porté à un être cher. Nous en ressentons les vibrations, il fait palpiter notre cœur, hérisser notre chair, briller notre esprit, mais dès qu’il est nécessaire de le définir précisément les mots nous manquent et la chose nous file entre les pattes. Vouloir le définir c’est déjà la crainte que l’Esprit nous échappe.
     Metin Arditi est donc bien méritant d’avoir tenté l’exercice qui consiste à fouiller tout ce que cet Esprit recouvre. Qu’il en soit remercié.
    Avec enthousiasme, article après article, Metin Arditi inventorie tout ce que cet Esprit représente pour lui et selon lui. Soyons rassuré, il reste pour le lecteur, une fois ces preuves passées en revue, à continuer son inventaire personnel ! Mais le travail entrepris nous y aide grandement, il nous ouvre la route et nous donne des pistes. Il constitue un commencement d’accumulation de preuves de ce qu’il est concrètement.
     Feuilleter la table des matières et considérer ses têtes de chapitre c’est déjà humer la diversité et la consistance des richesses de la matière constitutive de ce fameux Esprit.
     Chronologiquement et arbitrairement vous trouverez des articles évoquant : Les Années folles, Apollinaire, Astérix, Brassens, Chateaubriand, Cheng, la Comédie-Française, Offenbach, le TGV , Versailles ou Louise de Vilmorin !



LIRE SOUS L'OCCUPATION

CANTIER JACQUES

CNRS
25,00 €

Le lecteur féru d’histoire ne manquera pas la publication par le CNRS de ce travail remarquable et très approfondi sur la lecture au temps de l’Occupation.

Si l’essai s’adresse prioritairement à un public motivé comme l’usage nous invite à le dire il n’en demeure pas moins passionnant et accessible. L’essai comporte le portrait d’une France attachée plus que jamais aux livres, certaine que la reconquête de son esprit et de sa liberté passera par l’écrit.

Le lecteur y trouvera évoquées non seulement la place politique mais également la dimension économique du livre dans la société française de l’époque, l’un ne pouvant se détacher de l’autre.

Les origines évoquées pour expliquer le développement de la place du livre dans la vie des Français trouvent leurs sources dans le progrès technique de production, la multiplication des ouvrages édités et l’amélioration de la diffusion de ceux-ci par l’accroissement du nombre de librairies.

Un phénomène pour le moins inattendu se produisit entre 1939 et 1945 : une soif inextinguible, un appétit démesuré pour le livre ! Qui devint éclat de lumière dans la noirceur des temps.

Les autorités, les auteurs et les éditeurs mesurèrent alors le rôle politique prépondérant que la lecture allait jouer dans la France des années noires.

Les allemands et le régime de Vichy instaurèrent une politique de surveillance voir de censure de l’écrit et les éditeurs jouèrent leur propre partition quand ils disposaient de papier pour imprimer. Pendant ce même temps les auteurs hésitèrent à s’engager clairement en usant d’une écriture oscillant entre la soumission et l’estocade.

Un essai nécessaire qui contient les prémices de la vie du livre depuis la Libération jusqu’à nos jours.