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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


LA GLOIRE DES MAUDITS

ESTIENNE D'ORVES N.

ALBIN MICHEL
23,49 €

La France d’aujourd’hui se débat encore dans les ombres de l’Occupation. Elle se complait à ne pas faire toute la lumière sur nos années noires, à garder sous le boisseau les savoureuses et grasses compromissions dont se délectèrent certains intellectuels – en général les plus en vue – et sur lesquelles ils prospérèrent le temps du Paris allemand.

Mais après avoir été condamnés à l’issue de la guerre vous êtes-vous demandé ce que ces intellectuels proches de l’occupant sont devenus ?

Ont-ils fait marche arrière et vécu en demi-teinte ? Ont-ils adopté un profil bas ? Ou bien au contraire ont-ils crié et revendiqué silencieusement et ourdi des complots pour récupérer une autorité légitime dont ils auraient été spoliés ?

C’est l’interrogation de Nicolas Estienne d’Orves.

Dans ce roman au style enlevé l’auteur brosse avec une délectation évidente et une rosserie dont nous lui savons gré un portrait haut en couleur, riche en informations et anecdotes du Paris des années 50.

Tout débute en1953 lorsque les collaborateurs sont libérés de prison bénéficiant d’une amnistie générale. C’est le réveil du Paris de la collaboration, ils peuvent reprendre du service !

Germaine Lubin n’en finit pas de chanter les louanges d’un Paris occupé en réunissant chez elle un cénacle de nostalgiques mêlant hétaïres et courtisans du pouvoir allemand. Jacques Benoit Mechin, la tête haute sauvée de justesse, côtoie le couple Morand et Maurice Bardèche le beau-frère de Brasillach. René et Josée de Chambrun dissertent avec leurs complices à propos de Nuremberg, « cette aberration juridique ».

Hubert Beuve-Méry dans un esprit corporatiste recycle d’ex-journalistes de « La Gerbe » ou du regrettable « Je vous hais ». Hubert Beuve-Méry

 

Pour se faufiler dans ce Paris souterrain Nicolas Estienne d’Orves s’attache à suivre les pas de la romancière Sidonie Porel, Prix Goncourt 1922. Le lecteur se trouve alors plongé au cœur des clapotis frémissants de la marmite où s’ébattent les bannis de la IVème république. Il croit frémir et être emporté par l’élan de ceux qui souhaitent provoquer de grands remous mais réalise rapidement qu’il ne fait que patauger au milieu des remugles du passé.

Intouchable, couronnée de lauriers par la « résistance », place forte du microcosme littéraire parisien, Sidonie Porel écrit une vaste fresque littéraire « Les deux France » où deux familles traversent le XXème siècle.

Mais ce panache, cette autorité conquise et affichée des vainqueurs recèlent également ses failles dans lesquelles le lecteur s’engouffre se demandant s’il en verra le fond.



DANS L'EPAISSEUR DE LA CHAIR

BLAS DE ROBLES JEAN-MARIE

ZULMA
20,00 €

La chair dont il est question, c’est la chair partagée entre un père – Manuel 93 ans – pied-noir d’origine espagnole et son fils, Thomas.

La chair mise à nue et exposée dans ce roman, si touchant et si fort, est composée des liens familiaux tissés à Sidi Bel Abbès sous le soleil radieux de l’Algérie qui finira par s’assombrir en 1962 quand les français quitteront leur pays, leur terre, leurs frères, leurs voisins.

La chair qui nous est racontée c’est celle qui est attachée indissolublement à l’Algérie qui résiste aux déchirures, aux disputes, aux oppositions même les plus âpres entre le fils et le père. Question de génération, question de vécus différents.

Ces deux-là se posent la question : qu’est-ce qu’être pied-noir ?

Pour répondre, Jean-Marie Blas Robles interroge l’histoire des Français des départements d’Afrique du Nord et leur histoire familiale.