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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


AU RENDEZ-VOUS DES MARINIERS

Vitoux Frédéric

Fayard
20,00 €

        Les grands-parents de Frédéric Vitoux ne soupçonnaient pas le merveilleux cadeau qu’ils feraient à leur petit-fils en venant habiter sur l’île Saint-Louis à un moment où ce lopin de terre humide n’intéressait personne !
        Aujourd’hui, l’écrivain bien conscient de cette chance revendique son appartenance à la communauté de ceux qui vivent, vécurent, passèrent – ne serait-ce qu’un moment – sur cet ilot parisien et notamment au restaurant « Le Rendez-vous des Mariniers » sis au 33, quai d’Anjou près de 50 ans de 1904 à 1953.
        Heureusement F. Vitoux partage avec le lecteur dans ce délicat récit les joies qu’il a éprouvé à mener une enquête à propos des écrivains qui firent de ce restaurant aujourd’hui disparu un lieu de rendez-vous des lettrés.
        L’écrivain a d’abord souhaité découvrir la personnalité de ceux qui animèrent avec tant de ferveur ce restaurant qu’ils en firent, probablement à leur insu, un café d’écrivains.
        Puis au cours des pages si attachantes et fourmillant d’histoires humaines et littéraires, le lecteur découvre les figures si différentes de ceux qui contribuèrent à faire de l’île cette terre chargée d’histoires : Jean de la ville de Mirmont, Dos Passos, Hemingway, Drieu la Rochelle, Aragon et quelques autres.
        Merci à Frédéric Vitoux d’avoir jeté par ce livre un nouveau pont entre les lecteurs et l’île Saint-Louis qui conserve en dépit du passage incessant des visiteurs une part mystérieuse et envoutante notamment quand le soir ou au petit matin habillée de brume, elle se refuse au premier coup d’œil.



NUMERO 11

Coe Jonathan

Gallimard
23,00 €

        Les amateurs de littérature anglaise se régaleront avec ce roman qui actionne humour grinçant, satire politique et sociale et roman gothique. Ce mélange est parfaitement assumé et l’auteur transgresse habilement les genres et les thèmes : enseignement supérieur, presse, télé-réalité, alimentation bio…
        Voici 5 histoires liées par deux personnages amis d’enfance, Allison et Rachel et le mystérieux chiffre 11 qui prend un sens différent à chaque récit même si pour les anglais il se rattache inévitablement au fameux 11 Downing Street (Résidence du Chancelier de l’Echiquier).
        J’y ajoute ma propre ligne de lecture : 11 peut être vu comme 1 plus 1 soit 2. Ainsi 11 serait une sorte de volume 2 de « Testament à l’anglaise », roman qui fit connaître Jonathan Coe il y a maintenant 20 ans !
        Vous relirez pour votre plus grand intérêt, grâce à la prose classique et drolatique de Jonathan Coe, l’époque de Tony Blair puis celle de David Cameron.



LA FRANCE DES CLOCHERS

MONTAGNON PIERRE

TELEMAQUE EDITIONS
26,50 €

        Quand je retourne vers le village de mon enfance, ce que j’aperçois de loin, c’est le clocher de la chapelle attenante au château. Je suis chez moi !
        Avec les quelques maisons serrées autour, l’ensemble forme un point de vue assez joli pour qu’une chanson populaire l’évoque et que le peintre Amédée de la Patellière l’ait immortalisé.
        L’Eglise reste la plupart du temps fermée, même le dimanche, mais son clocher sonne les heures et force le regard.
        C’est cela la France comme l’avait souligné une fameuse affiche électorale en 1981 si j’ai bonne mémoire.
        L’album de Pierre Montagnon est donc avant tout un hommage à ce qui continue de constituer le patrimoine de référence des villages de France, loin des querelles stériles à propos de la laïcité. C’est un édifice religieux intégré.
        Croyez-moi ou non, catholiques, athées et anticléricaux s’entendent pour sauver leur clocher !
        L’album retrace l’évolution architecturale : clochers mérovingiens (abbaye St-Germain-des-Près), clochers carolingiens (Germiny-des-Prés) ; le style roman jusqu’aux constructions contemporaines. Un véritable tour de France des clochers, des calvaires ou bien encore des chapelles de montagne.
        Voici une leçon d’histoire illustrée indispensable.



Salvator
14,90 €

        Le nouvel album du dessinateur Guézou est en librairie ! Comme le Beaujolais nouveau, nous attendons chaque année ses croquis savoureux teintés d’humour.
        La cuvée 2016 croque les perles, les mots pleins de vérités et de tendresse, les bêtises, de nos chères têtes blondes qui avec une spontanéité déroutante appuient où ça dérange.
        Guézou égratigne les plus grands sans leur faire de mal mais en faisant mouche.
                    
                




Citadelles et Mazenod
69,00 €

        Ce somptueux album est consacré à l’art du vitrail pensé et réalisé par Marc Chagall.
        En tournant les 237 pages de ce livre d’art – pas trop vite, car elles contiennent un très grand nombre d’informations – vous découvrirez dans la première partie la technique du vitrail expliquée avec précision ce qui ajoute encore au plaisir et à la clarté de lecture des reproductions de son travail formant la deuxième partie. Ainsi le lecteur se familiarise petit à petit avec le langage et la symbolique du vitrail.
        Nous nous rendons par exemple en France en l’Eglise Notre-Dame de toute grâce à Assy ou à l’Abbaye Saint-Pierre de Moissac mais également à la Synagogue du Centre Médical Hadassah, Ein Kerem, à Jérusalem ou encore à Chicago pour découvrir The Art Institute.
        Nous sont offerts en prime des vitraux issus de collections particulières privées qui sont probablement moins faciles à contempler in situ.



Textuel
19,90 €

        Les éditions Textuel débutent ce vade-mecum en nous rappelant l’origine de ce questionnaire auquel Marcel Proust répondit en 1886 et qu’il étoffa en y ajoutant des interrogations supplémentaires en 1892.
        Après lui de nombreux écrivains se prêtèrent au jeu acceptant de donner leurs réponses. Certaines d’entre elles figurent dans ce livre qui constitue une suite d’autoportraits littéraires express.
        C’est Marcel Achard qui débute et Louise de Vilmorin qui clôt cet opuscule savoureux en répondant à la question : « Quel est pour vous le comble de la misère ? ». Sa réponse : l’envie !