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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


Albin Michel
18,00 €

        Combien de fois entendons-nous cette affirmation dite avec la plus grande conviction : Moi, j’ai une vie intérieure !
        Cependant dès que cette affirmation est lancée, son auteur éprouve la plupart du temps des difficultés à exprimer ce qu’est cette vie oscillant dans sa réponse entre ce fameux « trésor suprême de l’humanité » et « Ce sont les mouvements de mon âme, c’est-à-dire l’étincelle divine en moi ».
        Le livre d’entretiens publié en ce début d’année par Albin Michel et visant à répondre à la question « qu’est-ce que la vie intérieure » est donc particulièrement légitime.
        Non seulement il nous donne le point de vue des contributeurs interrogés mais également alimente notre propre réflexion sur nous-même.
        Il fallait donc bien que ces personnalités disposent de qualités et de connaissances variées – neurologue, mathématicien, bibliste, poète… –, soient-ils croyants ou non, pour engager ce travail.
        (Les contributeurs : Christophe André, Cheikh Bentounès, Christian Bobin, Stanislas Dehaene, Catherine Dolto, Arthur H., Annick de Souzenelle, Cédric Villani, Patrice Van Eersel).    
        Je cours à la page 185 pour découvrir la réponse du poète Christian Bobin. Elle est inattendue cela m’enchante ! « De prime abord, je serais tenté de dire qu’il n’y a pas de vie intérieure… » !
        Je laisse au lecteur le plaisir de découvrir les développements qui suivent et les réponses des intervenants.



LES FIANCES DE L'HIVER

Dabos Christelle

Gallimard
8,80 €

L’univers à la fois fantaisiste et extrêmement fouillé de Christelle Dabos n’a rien à envier aux grandes sagas fantastiques. Enigmatique, tortueux, ce monde éparpillé en arches de natures très diverses fascine autant qu’il effraie. Le coup de génie de l’auteur est de nous mettre en présence d’un Dieu capricieux, cruel et aimant à la fois, qui décide de casser son monde-jouet pour en refaire un nouveau, avec de nouvelles lois physiques et de nouvelles règles. Dès lors les possibilités narratrices sont illimitées, et l’auteur ne se prive pas de laisser libre court à son imagination. Mais même si ce nouveau monde répond à des lois que nous ne connaissons pas, la nature humaine reste la même : complots, trahisons, animosités et alliances intéressées, l’héroïne bien évidemment intègre et naïve devra évoluer rapidement pour trouver sa place et la conserver dans un monde qui n’est pas le sien.



Papa, tu es fou

Saroyan William

Zulma
7,95 €

Avec Maman je t’adore, Papa tu es fou constitue l’autre part du diptyque de William Saroyan consacré à l’enfance. A la fois poétique et étrange, cette œuvre inclassable évoque la relation privilégiée d’un père et de son enfant. Le lecteur s’immisce presque honteusement dans ce tableau particulièrement touchant et intime. Mais les dialogues du père et du fils sont un mélange si parfait d’absurde, de profondeur, de légèreté et d’essentiel, que l’on se dit qu’une telle leçon de vie ne peut qu’être partagée. La sagesse de Saroyan est de laisser parler le cœur de l’enfance, cet entrelacs de peurs et de confiance, de naïveté, d’intelligence et d’humour.

Laure



Objets-chimères

Vilmorin Louise de

Gallimard
23,50 €

            Les grâces littéraires de Louise ont permis au nom de Vilmorin – associé à une célèbre famille de grainetiers – de s’inscrire dans l’histoire des lettres du XXème siècle.
            Son élégance manifeste attestée par la photo signée Roger Parry illustrant le recueil publié ce mois de juin 2016 chez Gallimard aura contribué sa vie durant à séduire ses contemporains dont Antoine de Saint-Exupéry ou André Malraux et entretenir le souvenir de la « Dame de Verrières » à l’esprit et aux charmes si vifs !
            Au-delà et sur le fonds des choses (mais l’expérience nous enseigne que l’un et l’autre sont souvent intimement liés) Louise de Vilmorin a laissé une œuvre diversifiée composée de poèmes, de romans mais aussi de textes et articles qui méritaient tant par leur forme que par leur pertinence, leur style incisif, leurs manières de juger sans déplaire, d’être réunis. C’est chose faite. Ils évoquent aussi bien le tempérament de leur auteur que celui de l’époque de leur rédaction.
            Ces textes intéresseront un public aussi varié que les thématiques abordées comme en témoignent les supports médiatiques dans lesquels ils ont été publiés entre 1935 et 1970. Cela va des très sérieuses et prestigieuses revues littéraires comme la N.R.F., la Revue de Paris, les Lettres Françaises en passant par Vogue, Jardin des modes, Art et Style, Paris Match, France Soir ou Le Figaro littéraire.
            Ainsi se mêlent aux souvenirs personnels qui colorent les mots et restituent les ambiances, la mémoire littéraire et artistique du temps, des poèmes, des nouvelles.    
            Un délice à ne pas bouder !
            « En ce qui concerne les lettres, les hommes sont-ils conscients du paradoxe qu’ils entretiennent délibérément et, dirait-on paradoxalement ? J’entends par là l’austérité qu’ils pratiquent pour exclure les femmes de leur académie, en regard de l’allégresse qu’ils manifestent à se rendre dans les salons dont les femmes d’esprit savent faire des salons littéraires. Cette remarque n’est empreinte ni d’amertume, ni d’envie et je comprends les hommes de défendre un privilège qui les singularise, les isole et les grandit dans notre estime ».

Christophe



PEREIRA PRETEND

TABUCCHI ANTONI

GALLIMARD
7,20 €

            A l’heure où beaucoup de français choisissent de partir en vacances au Portugal, le moment est venu de lire « Lisbonne » du révéré Fernando Pessoa publié dans la collection 10/18 ou bien encore le roman d’Antonio Tabbucchi publié en 1994 intitulé « Pereira prétend ». Nous nous intéresserons ici au Portugal des années 30 qui vit l’arrivée au pouvoir d’Antonio Oliveira de Salazar.
            Sous couvert de redressement économique, Salazar instaure un régime autoritaire fondé sur un parti unique et une nouvelle constitution. L’ère de la peur s’installe, la liberté d’expression est réduite.
        Le roman de Tabbucchi permet au lecteur de prendre conscience en même temps que Pereira – personnage central du roman – des brimades exercées par le pouvoir et de ses pressions franches ou sournoises.
            Journaliste aguerri, responsable de la page culturelle d’un journal de Lisbonne, Pereira voit ses habitudes éditoriales et ses certitudes remises en question par l’embauche d’un jeune collaborateur prêt à s’engager pour garantir sa liberté d’expression.
            Qui va ou qui peut l’emporter dans ce face à face plein d’humanité entre un journaliste d’expérience bien casanier, enfermé dans un quotidien qui ronronne et un jeune fougueux et combattif ? Au-dessus d’eux, un troisième intervenant de taille – l’Etat, sa police, ses relais fait d’observateurs zélés se muant facilement en délateurs – édicte les règles du jeu et tente de les imposer.
            Le lecteur découvre les rues, les places, l’atmosphère moite et parfois étouffante de la ville, ses lumières, l’air rafraichissant des longues soirées agrémentées des musiques lisboètes, la cuisine qui occupe une place de choix dans la vie de Pereira. Mais également, bien agréable pour un français, des références et réflexions à propos de notre littérature !

Christophe



Maman, je t'adore

Saroyan William

Zulma
9,95 €

On se délecte de cette incursion dans Broadway à travers le parcours d'une femme hors norme et de sa fille non moins exceptionnelle.  On sourit de leurs discussions empruntes de gravité, de leurs ambitions démesurées (actrice pour la mère, lanceuse au baseball pour la fille), mais surtout on s'imprègne de l'amour indéfectible qu'elles ont l'une pour l'autre, et quel bien ça fait !
Un livre que je vous recommande pleinement, pour aller bien tout simplement.">

Ce livre est un véritable petit bijou, et pour une fois la quatrième de couverture est tout à fait juste, en parlant de "l'esprit d'enfance". La relation mère-fille évoquée ici est unique, tendre, orageuse, moqueuse... Et surtout vue à travers les yeux d'une fillette à la fois naïve et fulgurante d'intelligence.
On se délecte de cette incursion dans Broadway à travers le parcours d'une femme hors norme et de sa fille non moins exceptionnelle.  On sourit de leurs discussions empruntes de gravité, de leurs ambitions démesurées (actrice pour la mère, lanceuse au baseball pour la fille), mais surtout on s'imprègne de l'amour indéfectible qu'elles ont l'une pour l'autre, et quel bien ça fait !
Un livre que je vous recommande pleinement, pour aller bien tout simplement.

Laure