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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


R. Laffont
8,00 €

« Une journée d’Ivan Dessinovitch » est un récit poignant sur les conditions de vie dans un camp de travail en Russie. L’auteur exprime avec réalisme la vie d’Ivan Dessinovitch Choukhov, condamné à 10 ans de camp après avoir été fait prisonnier pendant la guerre. Il doit faire face à la faim, la peur l’humiliation les comptages incessants. Il fait preuve d’ingéniosité pour garder du pain pour le soir afin de survivre à la journée de travail. Humble, il parvient à se détacher intérieurement afin d’éviter le mal et la rancœur.
     Soljenitsyne livre un récit fort et bouleversant. S’il peut être parfois difficile, il s’agit d’un texte important qui permet de prendre conscience de la vie dans les camps soviétiques. C’est un chef d’œuvre de la littérature Russe, digne de Tolstoï ou de Dostoïevski.



Lgdj
21,50 €

Ada a été élevée par Térésa, sa grand-mère, qui lui apprend à avancer et à découvrir la vie comme un rayon de soleil. Elle est en effet très attentive à son éducation, et chaque difficulté est comme une musique qu’il faut savoir écouter : « Ada a compris que les chosent prennent fin en silence. Tandis que celles qui commencent font une belle petite musique ». Tel l’olivier acheté par sa grand-mère, Ada apprend à grandir.
Alors que Térésa est hospitalisée en oncologie, la jeune femme va à son tour lui apporter son affection, veillant sur elle, et arrêtant même de travailler pour être présente. Au cours de ces journées à l’hôpital, elle fera la connaissance de Giulia, une infirmière, et de Mattéo. Ces deux personnes seront un soutien sans faille.
Evita Gréco nous livre un premier roman touchant sur la transmission, le respect et la confiance.



HARRY ET FRANZ

NAJJAR ALEXANDRE

PLON
17,90 €

Le roman « Harry et Franz » est fondé sur le vibrant récit – en forme d’hommage – de la vie de l’Abbé Franz Stock responsable de la Mission catholique allemande à Paris au temps de son occupation par les nazis.

Cet homme jeune, débordant d’humanité et entièrement voué à Dieu – « son seul maître » – va vivre sa foi au cœur de la barbarie nazie exercée par ses compatriotes allemands contre des français qu’il estime comme des frères de cœur. Jamais il ne portera l’uniforme militaire. C’est en homme de Dieu vêtu d’une simple soutane valant en même temps laissez-passer et armure contre les mauvais coups qui ne manqueront pas de lui être asséné, qu’il va arpenter, infatigable, les rues de Paris et les couloirs des prisons.

L’abbé, doté d’une conscience lumineuse et d’un amour pour l’homme quel qu’il soit, sans aucune distinction, va surmonter cette déchirure en apportant soutien matériel et réconfort spirituel aux prisonniers. Franz Stock avait intimement et rapidement compris que l’un ne pouvait être dissocié de l’autre.

« En vérité si j’ai accepté le rôle difficile d’aumônier dans ces prisons tenues par les nazis, c’est précisément pour mieux secourir ceux qui s’y trouvent, sans distinction aucune ».

C’est ainsi qu’amarré à la boussole que fut sa conscience, Franz Stock tentera de sauver le député communiste Gabriel Péri, membre du Comité Central du Parti Communiste Français et jettera toutes ses forces pour secourir l’un des plus grands comédiens du cinéma français Harry Baur et son épouse Rika Radifé retenus tous les deux prisonniers. Le palmarès prestigieux du comédien avec une trentaine de films à son actif dont : Golgotha de Julien Duvivier, Un grand amour de Beethoven d’Abel Gance, Le président Haudecœur de Jean Dréville, et ses liens avec les plus célèbres gloires de l’écran et des planches de théâtre ( Mistinguett, Raimu, Elvire Popesco…) n’ ébranleront nullement l’occupant qui ne voulut voir en lui qu’un juif qu’il n’était pas.

La rencontre si inattendue entre l’homme d’église allemand et le comédien français va révéler l’arbitraire et la brutalité des nazis mais aussi démontrer la force inébranlable de l’abbé porté par l’espoir de voir la justice et l’humanité triompher de l’aveuglement.

Révolté par l’ignorance des causes de la détention du comédien et les supposant arbitraires, l’abbé mènera le combat sans relâche mettant en péril sa propre existence. Méthode, opiniâtreté, enquête, constitution de dossiers, plaidoiries, prières, don de soi usque ad finem.

« Le nombre de saints voulu par Dieu suffit à sauver une époque…, des saints qui concilient leur attachement à leur patrie et l’amour de l’humanité, au-delà des frontières des nations, des pays, des races et des classes. C’est cet appel à la sainteté que la Providence nous fait entendre par la voix de l’histoire. Il convient d’y répondre ».

Mais l’iniquité ne restera pas que l’apanage d’un camp. A la Libération l’Abbé Frantz Stock sera interné par les Alliés au seul motif qu’il est allemand. Il ne sera tenu aucun compte des bienfaits dispensés sans relâche avec un don de soi absolu.

De quoi briser un homme, fût-il le plus débordant d’espérance !

Une fois encore il n’en sera rien.

Dans la nuit et le froid de son enfermement, partageant à son tour le sort de ceux qu’il avait secourus, la lumière de sa foi ne vacillera pas et va le conduire à devenir Directeur d’un séminaire improvisé dans le camp : « Le séminaire des barbelés ».

La qualité du livre tient dans sa sobriété, les faits parlant d’eux-mêmes.



MAITRES ET ESCLAVES

GREVEILLAC PAUL

GALLIMARD
22,00 €

Sous cet épais monochrome rouge qui s’abat impitoyablement dans les années 50 sur une Chine tombée entre les mains du dictateur Mao Zedong, Paul Greveillac révèle l’invraisemblable tragédie humaine, sociale, politique, économique et artistique que va engendrer le fameux « grand bond en avant ».

Le rouge c’est la couleur du petit livre qui guide désormais toutes les pensées et les actions des Chinois. Le rouge c’est également la couleur musicale du fameux air d’opéra « L’orient rouge ». Obsédant jusqu’ à l’extrême à force d’être seriné du matin jusques au soir tel le gavage des oies, il pénètre les esprits les plus réfractaires. Le rouge c’est encore le nom de la légende relatant tous les hauts faits de la résistance communiste face à l’occupant japonais. Mais le rouge c’est surtout la couleur du sang que les gardes également rouges vont faire couler impitoyablement jusqu’à vider et rendre exsangues les hommes de toutes velléités de résistance. La terre l’avait avalé comme pour noyer la tragédie. Aujourd’hui elle le rend. Le sang jaillit des lignes de ce roman, tache nos consciences et nous rappelle à notre devoir de mémoire ou de combat.

Car, c’est toute une civilisation de plusieurs milliers d’années riche de traditions nuancées, de philosophies et de croyances, d’hommes éduqués que le pouvoir communiste a souhaité éradiquer en saignant son peuple. Il l’a réduit à la famine et l’a contraint à marcher au pas de l’esclave soumis aux maîtres du moment en recourant à l’éducation des masses, à la pratique de l’autocritique, à l’avilissement ou à l’interdiction de rêver.

 Lorsque le petit Kewei voit le jour, il doit supporter un péché originel : être né dans une famille de paysans moyens riches, une famille bourgeoise. Son père, sa mère et l’enfant marqués de cette infamie devront chacun à leur façon payer pour s’extraire de leur passé, pour se purifier. Cette sève robuste fière et initiale va sous le joug de l’idéologie égalitaire se muter en une fièvre maligne gangrenant insidieusement leurs vies.

Selon la tradition, l’enfant eut pour élément associé le bois. Ce serait le bois de son pinceau, le bois du peintre, le bois dont il allait se chauffer et vivre toute sa vie. Inspiré, doué, inévitablement rebelle comme l’artiste qu’il est, Kewei peint sans relâche, forme son trait, cultive son art. Mais l’herbe folle et vivace animée par l’audace habile de l’artiste est rectifiée pour s’assagir à l’extrême. Corrigée par « les règles mécaniques du pouvoir imposées par la République populaire ». Le trait se vide de sa fougue et se raidit ou s’incline pour devenir servile. Kewei devient un esclave au service la propagande du pouvoir perdant de vue que son expression n’a plus rien en partage avec ce qui fait l’art.

C’est inféodé que Kewei poursuit docilement son chemin, gravit les échelons un par un pour culminer en étant accepté comme membre du parti communiste en 1975.

Ayant perdu tout libre arbitre, le peintre va s’aligner sur la boussole du pouvoir en place et se frayer sa route au cœur de la Révolution culturelle.

Réussite sociale pour lui, sa femme pour son fils, peut-être,... mais au détriment de la vérité de sa vie personnelle et de son âme.

Car, si les lignes politiques semblent s’arrondir sous la pression de jeunes pousses élevées à l’ère des 4 modernisations du nouveau maître Den Xiaoping, le réalisme socialisme chinois demeure la référence en matière artistique.

Il est encore bien loin le temps de la libéralisation en peinture qui autorisera les vrais tempéraments, les forces vives des artistes à casser les barreaux de leur emprisonnement intellectuel.

Paul Graveillac ouvre nos yeux sur les réalités tues des misères et des tenailles qui entravent les chinois d’hier et d’aujourd’hui. Il décrit avec réalisme et humanité les cheminements pervers de cette famille poussée en plein cœur des mouvements arbitraires de l’histoire du XXème siècle et contrainte par son idéologie à l’avilissement.



TEQUI
5,90 €

      Les AFC déclarent : « qu’elles se devaient de contribuer à clarifier les enjeux liés à ses évolutions qui dépassent, et de loin, la sphère et la définition des libertés individuelles ».
     Cet opuscule d’une centaine de pages contribue donc à aider chacun à trouver les éléments nécessaires pour nourrir sa propre réflexion et à connaître les positions des AFC sur ces thématiques.
     Le livre débute par un glossaire aux définitions accessibles qui permet de mieux comprendre la suite des textes présentés.
     Les grands thèmes abordés sont les suivants : procréation, recherche génétique, fragilité et fin de vie. A l’intérieur de chacun de ces thèmes, les contributeurs adoptent un plan simple et récurrent en trois parties : Les enjeux actuels, les enjeux pour demain, les propositions des AFC.
      L’ouvrage se termine par une courte série de témoignages.

 

Christophe



LES VOYAGES DE SABLE

DELFINO JEAN-PAUL

LE PASSAGE
19,00 €

     L’aventure se niche parfois en des lieux qui n’exhalent qu’apparente monotonie et n'affichent qu'une platitude déconcertante. Vont s'y réfugier ceux qui ne lâcheront jamais aucune amarre mais ne sont avares ni de mots, ni d’adjectifs colorés ni de superlatifs dithyrambiques pour les décrire.
     Les amateurs de bistrots connaissent ses pépites de comptoirs, ses rêves en bouteilles, ses      invraisemblables     aventures sempiternellement ressassées, mijotées dans les rêves les plus fous et racontées avec les accents de la vérité par des capitaines au long cours paralysés par le vertige, se noyant dans la première flaque d’eau venue mais capable de se métamorphoser en conteur merveilleux au goût musclé d’une lampée de Glenglanaugh Torfa.
     C’est à ces voyages extraordinaires, ces envolées lyriques vers des sommets inaccessibles, ces odyssées dont l’embarcadère à la forme d’une banquette en cuir rapiécé d’arrière-salle de bistrot et le bastingage la ligne d’un comptoir dans lesquels Jean-Paul Delfino nous convie.
    Le narrateur en mal de confidences – Monsieur Jaume – se raconte à Virgile heureux propriétaire d’une gargote « la table des arts » à Paris dans le sixième qui se transforme le temps de ces récits de voyage en chaloupe ayant tanguée sur toutes les mers et en felouque ayant accostée sur tous les continents.
     Le roman composé de 11 chapitres qui sont autant d’aventures situées en des lieux et des époques différentes emporte par la magie de l’écriture. En lire les intitulés c’est déjà se placer dans le fauteuil d’un théâtre prêt à être happé par l’argument de la narration.
     Chapitre 3 : « Du bonheur d’être contremaître en Nègres et de la douceur de vivre en Ethiopie. La rencontre d’un certain Morgue et le départ précipité de Jaume pour la lointaine Cayenne où il fit la connaissance de monsieur de la Motte-Aigron et de son épouse » ; chapitre 5 : « Ce qu’il advint de Jaume entre les mains des orpailleurs et des Indiens, comment il revint à Cayenne après la mort de Morgue et ne fut pas reçu par Monsieur d’Orvilliers ».
     C’est que l’immortel Jaume en merveilleux conteur de racontars né à Marseille en 1702 et poussé à la fuir en raison de la peste tient dans sa besace 316 années à nous raconter !
     Ce sont 316 ans composés d’histoires d’honneur, d’aventures, d’amours, d’amitiés, de fidélité.
     Le lecteur est ensorcelé et saisi sur le champ dans les filets de Jaume et se frotte les yeux pour croire à ces mirages, plus ou moins frelatés venus d’Ethiopie, d’Abyssinie ou du Brésil.
     Jean-Paul Delfino a la faconde de l’écrivain baroudeur Blaise Cendrars qui par l’artifice des mots illuminent les chemins les plus plats, éclairent les existences les plus sombres.
     Ce Jaume c’est Delfino qui l’anime, le gonfle et l’élève au-dessous de tous alors qu’il fut peut-être en-dessous de tout.

Christophe