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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


PARIS PHILOSOPHE

LACOSTE JEAN

BARTILLAT
19,00 €

Paris est le temple de la philosophie. Elle règne en aristocrate dans les Hauts lieux qui lui sont traditionnellement dédiés accueillant les doctes, les universitaires, les professeurs, les étudiants. D’autres philosophes sont satisfaits d’exercer leur art ailleurs en marge des institutions.
C’est vers cet ailleurs disséminé dans la capitale et non estampillé que le philosophe Jean Lacoste nous emmène.
Paris au cours des temps fut un refuge accueillant dans des alcôves plus mystérieuses mais tout aussi savantes que la Sorbonne les chantres du libre exercice de la philosophie «hors les murs ».
Le XVIe arrondissement et sa rue d’Auteuil furent le siège de la Société d’Auteuil qui à son origine désignait le salon de Madame Helvétius – appelée Minette – qui réunissait au siècle des lumières les Esprits les plus libres : d’Alembert, Malesherbes, Chamfort.
La philosophe Simone Weil naquit rue de Strasbourg avant de suivre ses parents jusqu’au 37 Boulevard Saint-Michel. C’est au Lycée Henri IV – un de nos sanctuaires de la philosophie – qu’elle entra en Khâgne où elle suivi les cours d’Alain. Elle emprunta alors la voix royale et académique en intégrant la rue d’Ulm et en fréquentant la Sorbonne. Les lecteurs intéressés pourront continuer à découvrir son parcours normé dans Paris.
Les traces de ces marques d’indépendance sont nombreuses mais souvent effacées, invisibles, méconnues. Ce livre nous les révèle et nous introduit dans des cénacles parallèles non officiels où raison et liberté ont emménagé pour un temps.



CROQUIS DE MEMOIRE

CAU, JEAN

TABLE RONDE
8,70 €

La nouvelle visibilité du livre de Jean Cau résulte d’un coup de projecteur que je qualifierai volontiers de coup de maître signé Fabrice Luchini. La truculence des propos et leur rugosité enrobée d’une rondeur littéraire agréablement trompeuse a sonné comme une alarme à l’oreille de ce lecteur et diseur qui s’est exclamé : c’est un chef-d’œuvre, ressuscitons-le !
 Les éditions de La Table Ronde I’ont entendu et exaucé. Elles accueillent « Croquis de mémoire » dans leur collection – bon marché (8.70 €) – La petite Vermillon.
Il ne reste au lecteur qu’à se saisir immédiatement du livre pour redonner à ces croquis de mémoire mordants et succulents la place qu’ils méritent c’est-à-dire une des premières parmi les livres parus cet hiver 2018.
Ces croquis sont croquants. Ils mordent heureusement constamment avec volubilité la ligne jaune de ce regrettable et sacrosaint « biographiquement correct » en écorchant malicieusement les personnalités du monde littéraire, politique, culturel qui s’y trouvent rassemblées du seul fait d’avoir croisé et marqué la mémoire du journaliste.
La patte de l’auteur étreint d’une chaleur toute germanopratine… François Mitterrand et Valéry Giscard d’Estaing ou dessine en relief le portrait d’une figure tutélaire de l’édition comme celle de Gaston Gallimard qui livre ses dernières indiscrétions.
Au fil de cette procession de croquis, une époque déjà lointaine presque évanouie reprend son souffle et s’anime sous nos yeux. Les traces d’Hemingway, Malraux, Marie Bell, Genet, Cocteau, Queneau émergent et flottent à la surface de notre époque où leurs souvenirs et leurs écrits occupent le vide laissé par leur dispariton.



HISTOIRE DE LA COLLABORATION 1

BROCHE FRANCOIS / MU

TALLANDIER
27,00 €

Voici un travail essentiel qui mérite sans aucun doute de rester dans nos bibliothèques, car il permet de mieux cerner un concept délicat et difficile à traiter : la Collaboration.

Le mot ou le concept a été et reste souvent utilisé sans que l’on se préoccupe de son véritable sens et de son contenu. Il est employé à des fins partisanes et l’on y enfourne tout et son contraire.

Dans cet essai brillant et complet les auteurs montrent l’origine des difficultés à analyser et rendre compte au mieux de la réalité de la Collaboration. C’est que celle-ci a pris au cours de ses années tragiques, si différentes les unes des autres, des contours évolutifs. Elle a été prônée ou refusée par des Hommes venus d’horizons variés et dans des contextes historiques rapidement changeants.

Le livre terminé, le lecteur détient des éléments historiques essentiels qui lui permettent d’appréhender cette question et de regarder l’histoire avec plus de réalisme.



TALLANDIER
22,90 €

En alignant cette galerie de portraits de femmes américaines — riches, artistes, scientifiques, mécènes — le lecteur découvre et comprend mieux ce que Paris a pu représenter comme plaque tournante intellectuelle au début du XXe siècle.


Certaines se sont forgé une solide réputation dans notre histoire : La Princesse de Polignac et son Salon — mécène de l’avant-garde musicale — Natalie Barney femme de lettres réunissant son cercle d’amies, la danseuse Isadora Duncan qui surprend par la nouveauté de sa gestuelle. Elles ont en commun d’avoir fréquenté les Salons parisiens qui contribuèrent si fortement à favoriser la vie des arts et des artistes.

D’autres méritent d’être découvertes ou mieux connues. A ce titre les deux sœurs Klumpke défièrent les lois de la primauté masculine et les interdictions faites aux femmes d’accéder à certains titres universitaires et professions. Augusta est devenue première interne des hôpitaux et Dorothéa première docteur en astronomie !

Notons également avec un pincement au cœur le rôle essentiel que des femmes américaines ont joué pour porter secours durant la première guerre mondiale aux populations touchées par les combats. Le chapitre consacré aux volontaires de l’American Committee for Devastated France est des plus instructifs en ces temps où notre mémoire nous porte vers la Grande Guerre."



LE SOLEIL SE LEVE AUSSI

HEMINGWAY, ERNEST

GALLIMARD
7,25 €

C’est vers un autre auteur américain, Hemingway, que je vous propose de poursuivre vos lectures d’été. (Pour les amateurs, une nouvelle traduction de : « Le vieil homme et la mer » signée Philippe Jaworski a paru en mai dernier chez Gallimard).
Si, éloigné de la capitale vous ressentez un manque ou une absence, ce roman publié en anglais en 1926 vous plongera dans les rues d’un Paris intellectuel sillonnées de préférence la nuit par des américains en quête de divertissements. Ils constituèrent la désormais fameuse « génération perdue », celle qui peupla l'entre-deux-guerres. Leurs noms appartiennent au panthéon de la littérature : Dos Passos, Fitzgerald, Ezra Pound, Steinbeck… Ils aimaient se retrouver à la librairie Shakespeare & Co fondée par Sylvia Beach et passer du temps dans les cafés du Boulevard Montparnasse. C’est un art de vivre ou d’oublier ce que furent les atrocités de la Première Guerre mondiale. Par le lourd tribut de leur présence dans les combats, les américians n’avaient-ils pas gagné le droit de séjourner en France et en Europe ?
Par son ton, Hemingway rend palpable au lecteur les sentiments éprouvés par les protagonistes de l’histoire. Au-delà de l’indolence ou de l’insolence de leurs comportements se construit une histoire littéraire et culturelle.
Ce portrait de Paris puis de l’Espagne est captivant.



Médiaspaul
10,00 €

Connaissez-vous le Diois, cette terre de soleil en Drôme provençale, qui burine les hommes et chante combien la création est belle ?
Pour m’y rendre depuis plusieurs années été comme hiver, je sais et je sens ce que ses paysages et ses habitants ont à transmettre à ceux qui sont de passage et font une halte, une respiration dans ce pays qui vous invite à prendre le temps de regarder les paysages et respirer cet air si pur.
La simplicité de vie et la limpidité des propos de Guy Miel – ce diacre permanent et oblat bénédictin – touche frontalement le lecteur qui vit dans l’effervescence et parfois le tourment de la vie agitée des villes.
Il nous confie un peu des richesses inspirées du silence et de la prière, de son compagnonnage avec les animaux – ses moutons et brebis – et ses montagnes.
Il a selon la belle formulation de notre Pape François « l’odeur de ses brebis ».
Laissons-nous saisir, au moins le temps de la lecture, par ce récit du quotidien où Dieu jaillit.