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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


Magnificat
19,00 €

        Voici un album très lumineux pour célébrer la Vierge Marie dans lequel vous pourrez retrouver rassemblées les plus belles couvertures du Magnificat.
        Pour créer l’attente de la découverte voici quelques noms parmi les plus importants de nos chefs-d’œuvre mettant à l’honneur la Vierge : « L’Annonciation » par Carlo Maratta, « La Visitation » par Pietro di Francesco degli Orioli, « L’Adoration des bergers » par Fray Juan Bautista Maino, « La Vierge et l'Enfant Jésus » de Bernardino Luini.L’ensemble invite à la joie de la méditation facilitée par des textes explicatifs.
        Un magnifique cadeau de Noël pour seulement 19€.



PETITS MYSTIQUES

OLIVIER BONNEWIJN

Ed. de l'Emmanuel
12,00 €

        Le Père Olivier Bonnewijn a réuni pour nous dans ce recueil plein d’humour et de sagesse le meilleur des réparties d’enfants à propos de leurs pensées sur la foi et la religion.
        La spontanéité de leur expression nous rappelle le lien privilégié qu’ils entretiennent avec la création et le Créateur.
        Ces répliques savoureuses recèlent des leçons pour les adultes de la foi et nous invitent à garder les trésors de l’enfance.



LE BON COEUR

BERNARD MICHEL

TABLE RONDE
20,00 €

 Aucun doute, Jeanne d’Arc a touché le cœur et la plume de l’écrivain Michel Bernard.
 L’écriture droite, nette et pure du récit est conduite par la main de la jeune pucelle venue de Donremy accomplir la mission que ses voix lui ont confiée :
 Ont-ils fait marche arrière et vécu en demi-teinte ? Ont-ils adopté un profil bas ? Ou bien au contraire ont-ils crié et revendiqué silencieusement et ourdi des complots pour récupérer une autorité légitime dont ils auraient été spoliés ?
« Elle avait reçu de Dieu mission d’aller en France, d’y parler au Dauphin Charles, puis avec l’armée ayant défait les Anglais, de le mener à Reims pour qu’il y soit couronné. Alors par les forces unies du Royaume l’envahisseur serait chassé, la France sauvée et la chrétienté en paix ».
 Ce roman merveilleux est pénétré des paroles de la jeune paysanne et emporte le lecteur à la manière de ceux qui vont pendant deux ans du Barrois en Lorraine – dont elle est originaire – jusqu’ à Rouen – la ville de son agonie – suivre son étendard blanc convaincus qu’il faut pour restaurer l’intégralité du Royaume de France faire sacrer le Dauphin Charles à Reims.
Michel Bernard a choisi de retracer les cheminements de cette jeune femme à la vigueur fragile, de suivre son pèlerinage de foi à travers les régions et les villes de France chapeautées par les clochers des églises et des cathédrales. Chaque étape est ponctuée par des messes, des confessions, des communions, des arrêts devant les sanctuaires qui sont autant de pauses spirituelles.
  Les mots de l’écrivain sont frottés à la terre de France qu’il connait si bien, posés avec justesse pour tracer miraculeusement cette route qui conduira d’un même élan de foi et de force à la délivrance de la France et à la perte de Jeanne qui loin de rassembler divise par son ardeur.
 Son premier cheminement, à l’origine en 1429, est initiatique et de rupture. Il amène Jeanne à quitter sa ville et ses parents pour se rendre à Chinon où le Dauphin est confiné dans son Royaume de plus en plus réduit par l’occupation victorieuse des Anglais alliés aux Bourguignons.
Pénétrée des effets des sacrements qu’elle reçoit quotidiennement et soutenue par ses voix qui l’accompagneront jusqu’à son martyre, la jeune paysanne analphabète tient des propos qui vont décider le Dauphin à réagir contre l’ennemi et soulever la curiosité et l’enthousiasme des foules.
Son espérance contagieuse emporte la conviction des grands du royaume. Gilles de Rais, La Hire ou Poton de Xaintrailles se mettent en route à ses côtés après que beaucoup d’autres aient douté et refusé ses supplications.
Ensemble ils partent pour la délivrance d’Orléans assiégée depuis 5 mois et bientôt s’engageront vers Reims par la volonté de Dieu et l’intercession de Jeanne où le Dauphin sera couronné.
Après la levée du siège d’Orléans « Tout était pareil et tout était changé. Le peuple d’Orléans n’était plus seul, il croyait en la jeune fille dont la voix était mêlée à la leur. Ils croyaient dans leur force. Ils avaient confiance. Ils allaient vaincre. C’était le 29 avril 1429 ».
 Soulevé par les victoires et porté par le sacre, le Dauphin – lieutenant de Dieu dans son Royaume – peut s’engager à constituer l’unité de la France avec le soutien de Jeanne.
C’est lors de ce cheminement victorieux que la pucelle se découvre proche de ses hommes qu’elle conduit au combat et ressent l’ivresse de l’action. Elle leur assigne une mission : « Elle voulait que les hommes se battent comme des lions et vivent comme des moines ».
- Après les victoires en chapelet pour unir les belles terres de France, Jeanne échoue à délivrer Paris.
 C’est alors le cheminement du doute qui débute.
 Les défaites se suivent et son opiniâtreté finit par la piéger.
 Faite prisonnière devant Compiègne, son cheminement noir écarte définitivement l’élan crée sous la houlette de son étendard blanc.
Le lecteur est alors étreint par le récit de son emprisonnement, sa résistance mentale et physique à l’humiliation, sa résignation à accepter les conditions de vie qui lui sont faites privée du secours de la messe et de l’Eucharistie. Ce sont les heures noires du cachot à peine baigné de la pale lumière de la campagne normande.
 Surgit alors le cheminement de la délivrance. Il s’amorce avec l’ouverture du procès confié à une juridiction ecclésiastique présidée par l’évêque de Beauvais en résidence à Rouen, Pierre Cauchon.
Certaine de la volonté de Dieu, Jeanne répond trois semaines durant avec une assurance saisissante aux questions de ses juges dont la décision est déjà arrêtée et qui ne cherchent qu’à la justifier. Sa parole est si convaincante, ses mots sont si simples, pesés et justes qu’ils ébranlent et retournent certaines positions. Bien que Jeanne trébuche de fatigue, sa vie sur terre est encore pour un très court laps de temps épargnée.
Confiée à une juridiction séculière, la pucelle est déclarée : hérétique, relapse, apostate, idolâtre.
 Le matin du 30 mai 1431 un bûcher de souffrance est dressé sur la place du vieux marché. Jeanne suffoque brûlée vivante sur ce bucher. Elle a 19 ans.
 La force du roman de Michel Bernard est d’avoir chevauché près de Jeanne comme un compagnon de tous les combats. Le lecteur découvre une Jeanne plus intime qui vibre pour le royaume de France et les paysages de ses régions qui sont décrits dans leur vérité poétique.



ARLEA
19,00 €

 Avec « Fraternelle mélancolie » Stéphane Lambert propose une lecture bouleversante de la rencontre entre l’écrivain Américain Nathaniel Hawthorne et son jeune condisciple Herman Melville. L’onde de choc de leur découverte mutuelle en 1850 – au-delà de la connaissance qu’ils avaient déjà acquise d’eux-mêmes – va teinter le restant de leur vie.
Ces deux hommes, parangons de la jeune littérature américaine, éprouvent une attraction mutuelle les poussant à tenter de rompre leur isolement et à sonder toujours plus profondément l’âme humaine. L’espérance d’une Amitié totale fait naître conjointement chez eux un espoir d’accomplissement aussi vertigineux que le risque de l’inaccomplissement est abyssal.
 Dépassant leur admiration littéraire réciproque, un questionnement les étreint et les attire l’un vers l’autre, les pousse à se revoir, à construire l’amitié absolue qui enfin comblera l’abîme de solitude qui les tient à distance du monde et colmatera la fêlure secrète qu’ils ont instinctivement décelée chez l’autre. Ils sont dans l’attente de l’autre, l’attente et la recherche de la confidence absolue, en quête de l’Amitié et de la fraternité.
Cette rencontre va changer le cours de leur vie, de leurs pensées et de leurs écritures. C’est en tous les cas le point de vue hautement maîtrisé et éprouvé de Stéphane Lambert qui mène ce qu’il nomme une libre déambulation en compagnie des deux écrivains pour faire circuler sous nos yeux les mécanismes et les fluides de la création ainsi que le flux de leurs humeurs. Stéphane Lambert en tire la matière d’un récit puissant et brillamment construit : « Fraternelle mélancolie ».
Au premier coup d’œil de leur première rencontre le jeune Melville est vivement séduit par la finesse de l’allure de l’écrivain déjà réputé « figure de proue de la jeune littérature américainæe » et auteur à succès de La lettre écarlate. Hawthorne bien que doté d’un tempérament réservé est lui aussi soudainement « aimanté » par le jeune Melville auteur de deux récits de voyage à succès.
Habitant tous les deux la Nouvelle Angleterre – dans les Berkshires – les paramètres matériels d’une possible amitié tant de fois idéalisée sont mystérieusement réunis : Ils pourront se revoir et s’écrire. En fin de compte le résultat apparaitra d’une maigreur effrayante : ils ne se seront rencontrés que huit fois et leurs échanges épistolaires seront peu nombreux bien qu’ils aient été habités par une incontestable intensité allant crescendo.
Melville et Hawthorne finissent par éprouver dans leur âme comme dans leur chair les exigences de cet accomplissement amical, les nécessités de cette fusion pour qu’elle aboutisse au partage total. Cette ultime étape indispensable à leur rencontre absolue effraie Hawthorne qui s’en détourne du mieux qu’il peut, enfouissant dans le gris de sa vie la verdeur d’un possible épanouissement fraternel.
 Hawthorne préférera s’éloigner, refuser de combler ce vide sidéral, emmener sa solitude plutôt que prendre le risque de se bruler.
 De son côté Melville restera avec l’impossibilité de combler son attente, trainera longtemps le rêve avorté de cette fraternité. Il se crispera autour de cette déception qui désormais va mobiliser toutes ses aspirations.
Après avoir rédigé un démonstratif essai sur Hawthorne, Melville modifie le cours de l’écriture de son monumental roman « Moby Dick » qu’il dédie à son ami. Il y insère sa continuelle recherche de sens et y brasse le tourment des âmes en lui donnant une « dimension mythique ».
 Une irrépressible mélancolie souffle sur leur existence, la souffrance remplace l’espérance et sert de combustible à leur vie et à leur travail d’écriture quand il peut encore se faire.
« Un amour ne vit-il pas plus de ce qu’on y projette que de ce qui s’y réalise vraiment ? Ceci explique la valeur que chacune de leurs rencontres a pu représenter pour eux en même temps que l’immense déception qui découlerait ».
Ce splendide et sombre échec perfore le cœur de Stéphane Lambert qui s’interroge. Pourquoi cette quête d’Amitié absolue fût-elle un échec ? Pourquoi s’éloignèrent-ils ?
Il puise dans l’épaisse matière de leurs romans, dont il s’empare avec une connaissance subjuguante, pour conduire sa recherche.
Parce que les sujets contenus dans ces interrogations dépassent le traitement qu’en firent en leur temps et à leurs manières les deux écrivains américains, Stéphane Lambert puise alors dans sa propre expérience intime pour aboutir à écrire sa réponse. Il nous invite à en faire de même.



JE VOULAIS LEUR DIRE MON AMOUR

PANCRAZI JEAN-NOEL

GALLIMARD
12,50 €

Jean-Noël Pancrazi propose dans ce récit débordant d’émotion d’écarter toutes les rancœurs qu’un départ forcé de l’Algérie aurait pu légitimement faire naitre chez lui pour le remplacer par un message d’amour.

Le titre de son livre est une véritable invitation à l’ouvrir. Acceptons-la.

Après 50 ans d’abstinence avec l’Algérie, son amour pour le cinéma le décide à renier sa promesse de ne jamais retourner sur sa terre natale.

Jean-Noël Pancrazi accepte alors de participer dans la ville d’Annaba à un festival du film Méditerranéen. C’est un prétexte exaltant. Son intention profonde est de retrouver enfin les couleurs et les odeurs de sa jeunesse laissées involontairement sur place, de retourner le festival terminé à Batna - ville de sa naissance - où flotte encore, au moins dans sa mémoire et dans son cœur, les beautés rêvées de sa jeunesse abandonnées en 1962.

Les premières émotions sont aux couleurs d’une Algérie chaude, vivifiée par une jeunesse souriante, énergique et accueillante, des lieux pénétrants les âmes. Rapidement le retour au pays fait émerger les sentiments du passé, les liens noués avec les voisins et les amis, la vie familiale qu’il revisite en compagnie de la présence imaginée de sa mère.

Le lecteur vit et participe à la recomposition de son passé. Il est propulsé en quelques mots dans ce voyage libérateur, plongé dans l’écrin de la mémoire de l’écrivain.

Porté par les images du festival, les échanges avec les membres du jury, Jean-Noël Pancrazi s’échappe du réel pour revisiter le passé, son imagination flotte dans l’espace et le temps. La mémoire travaille son corps, son cœur et son écriture, torture les réalités, les brise ou les reconstitue.

Bientôt les émotions tendres cèdent la place à des émotions plus violentes. Les images d’une Algérie de combat, de sang et de rouge empiètent le récit. L’islamisme émerge avec sa culture de mort, sa dictature de la pensée où la suspicion remplace la fraternité, où le beau est sali par une idéologie qui dévoie tout ce qui tombe sous son regard.

Quand le moment est venu de passer de l’imaginaire au réel, de donner une matérialité à son retour à Batna, une réalité à ces vagabondages inspirés, J.-N. Pancrazi est brutalement refoulé du pays. La noirceur de la réalité s’abat sans appel. L’espérance s’éteint avec brutalité. C’était la dernière séquence.

C’est un sinistre scénario de répétition qui condamne définitivement l’auteur à l’errance dans ses souvenirs et à l’écriture pour donner corps, pour donner un espace de vie à sa jeunesse perdue dans des contrées inatteignables.



LA ROSE DE SARAGOSSE

JERUSALMY RAPHAEL

ACTES SUD
16,50 €

Le puissant roman de Raphael Jérusalmy rappelle les liens indissolubles entre histoire politique et histoire de l’art, leur course parallèle, leurs intentions à vouloir maîtriser la marche du monde, influencer la pensée et infléchir ou pour le moins marquer le cours de l’histoire. Pouvoir et art sont animés par un élan semblable mais leurs forces sont contraires.
Ces questions universelles et intemporelles s’expriment dans ce livre avec réalisme et cynisme.
Ce roman à l’écriture classique à laquelle le lecteur goûte avec délectation nous plonge au cœur de l’Espagne du XVème siècle. Les exactions de l’Inquisition nous dégoûtent et nous révoltent. Au fur et à mesure de la progression de l’histoire, sur ce fond de noirceur se détache un contraste entre le raffinement des arts et la brutalité du pouvoir religieux. Il saisit le lecteur comme il s’est emparé insidieusement des protagonistes quasiment à leur insu. Les personnages s’engagent sur des chemins déroutant pour eux-mêmes et ceux qui les observent.
Un jeu dangereux de « répulsion-séduction » s’instaure entre la raffinée et lettrée Léa de Montesa – issue d’une famille convertie au catholicisme – et l’ignoble et passionné d’art, Angel de la Cruz, bras armé de l’Inquisiteur Torquemada. N’aurait-il pas lui aussi en dépit des apparences une âme ? Léa à la sensibilité aiguisée le perçoit rapidement. Leurs relations en sont immédiatement affectées.

Dans ce climat trouble, l’art occupe une place de plus en plus centrale et s’immisce dans ce roman d’aventure.