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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


MY ABSOLUTE DARLING

TALLENT GABRIEL

GALLMEISTER
24,40 €

      S'il y a un « grand roman » à découvrir pour cet été, c’est celui-là sans aucun doute !
      L’auteur a un talent fou. Son nom d’ailleurs lui va comme un gant.
     L’histoire est celle de Julia, jeune femme américaine de quatorze ans, surnommée « Turtle » qui vit en Californie au fin fond du bois au comté de Mendocino dans une cabane tombant en ruine avec un père marginal, qui n’hésite pas à abuser d’elle, à la violenter, et à lui apprendre le maniement des armes à feu.
     C’est alors que nous découvrons en « Turtle » une envie folle de liberté, de rébellion, la prise de conscience qu’une autre vie est possible, que ses nombreuses « fuites » dans la forêt vont laisser place à une fugue qui va la renforcer, l’endurcir et lui faire faire des rencontres majeures et lui montrer que l’amour peut être différent de ce qu’elle connaissait jusqu’à maintenant avec son père.
      Tiraillée, brisée, combative, on se prend à s’attacher à Julia, partagée entre l’amour et la haine, qui n’a pas fini de vous surprendre.
      Une vraie réussite, un roman à lire et relire, une histoire fabuleuse mais insoutenable à la fois, un rapprochement évident avec le livre de Mark Twain « Huckleberry Finn » et l’actualité américaine.
      Une réussite !



TREIZE A LA DOUZAINE

GILBRETH/GILBRE

GALLIMARD
7,60 €

Dans la famille Gilbreth, l’originalité est de mise. Quand on élève douze enfants, il est évident que rien ne peut se dérouler de manière linéaire. Cette tribu hors normes n’a pas son pareil pour faire de la vie une incroyable aventure, qu’il s’agisse d’apprendre la dactylographie ou la natation, ou encore d’organiser des vacances à la mer. Dans cette autobiographie racontée par deux des enfants Gilbreth, on rit, on s’émeut et on découvre, médusé, les idées toujours plus folles de parents passionnés par l’efficacité et le rendement.



MON FRERE

PENNAC DANIEL

GALLIMARD
15,00 €

Plus d’un an après la mort de Bernard, Daniel Pennac évoque le manque de ce frère trop tôt disparu. Comme pour combler le vide, il décide de mettre en scène « Bartleby » d’Herman Melville, pièce que son frère aurait aimé voir jouer.

Les souvenirs d’enfance affluent avec douceur et sensibilité, notamment le manque de ce frère mal connu : « j’ai perdu la gratuité de cette affection, l’agrément de cette compagnie, la profondeur de ce silence, la distance de cet humour, la délicatesse de cette attention, la sérénité de ce jugement, cette intelligence des situations, la paix ». Bernard, préféré des quatre garçons de la fratrie, toujours humble et respectueux, ne parlait pas de ses souffrances et préférait vivre dans la solitude.

Ce texte dense, très touchant, est emprunt de pudeur. C’est un beau témoignage et un bel hommage à ce frère aimé.



GALLIMARD
7,40 €

Le récit a lieu vers la fin du XIXe siècle. Après la mort de leurs parents, Denise, 20 ans, arrive à Paris avec ses frères dont elle est désormais responsable. Engagée au magasin de son oncle, elle se retrouve à travailler dans un immense espace du nom de « Au Bonheur des Dames ». Très vite, elle est la risée des autres alors que le directeur, Monsieur Mouret, la courtise. Refusant ses avances, Denise est licenciée et va devoir puiser dans ses ressources, et son courage, pour affronter l’adversité.

Emile Zola nous abreuve de critiques de la société de l’époque, tout en nous émerveillant au moyen de riches descriptions: « … Les escaliers étaient garnis de draperies blanches, des draperies de piqué et de basin alternées, qui filaient le long des rampes, entouraient les halls, jusqu'au second étage ; et cette montée du blanc prenait des ailes, se pressait et se perdait, comme une envolée de cygnes ».



GALLIMARD
10,20 €

Un livre « classique » à choisir. Cela ne manque pas. Mais celui-ci, quel roman !

Oui, il pèse lourd, il est bien épais, mais chacune de ses pages vous invite à lire la suivante.

Qui n’a pas entendu parler de « Quasimodo » le bossu de Notre-Dame, de « Esmeralda » la gitane. Qui n’a pas vu le film avec Anthony Quinn et Gina Lollobrigida de 1956 (si ce n’est pas le cas faites-le) !

On replonge littéralement en 1482 et on se fond à travers une histoire qui inventée soit-elle me fait toujours rêver quand je passe avec enchantement devant cette majestueuse cathédrale et que j’entends résonner ses cloches. Un roman qui fait découvrir le Paris du 15ème siècle et qui reste l’un des plus grands chefs-d’œuvre de l’auteur.



LE PASSAGE
11,00 €

     Le vol de la Joconde perpétré au musée du Louvre le 21 août 1911 fit couler beaucoup d’encre. L’attraction pour le sujet ne semble pas épuisée aujourd’hui comme en témoigne l’heureuse publication de « Une femme disparaît ».

     Ce vol engendra des supputations plus rocambolesques les unes que les autres et fit trembler la République incapable d’assurer la préservation de son patrimoine.

     Aujourd’hui il fournit la matière pour un livre tout à la fois dense et léger. Il constitue un récit historique richement documenté, haletant et plein d’esprit ! Qu’il vous faudra lire comme un livre à histoires et à suspens.

     La manière littéraire adoptée par Jérôme Coignard pour raconter ce qui apparut comme un des plus grands méfaits du siècle naissant, accroche le lecteur d’un bout à l’autre comme les contemporains furent happés par le feuilleton de cette disparition. Le lecteur sourit et se moque des errements de l’enquête qui pataugea et risqua le naufrage, vibre à chacune des pistes empruntées pour retrouver le malfaiteur et son butin, s’interroge sur la véracité des faits tant ils apparaissent d’une stupéfiante invraisemblance bien qu’ils soient d’une parfaite exactitude, se captive pour l’histoire de ce siècle naissant.

     Mais l’effet peut-être le plus inattendu c’est que le forfait attisa une curiosité hors norme et pris une telle ampleur qu’il assura au tableau peint par Léonard de Vinci au début du XVIème siècle une publicité et une notoriété que rien au préalable ni rien depuis n’a permis d’égaler.

     A la manière d’un fin limier Jérôme Coignard – historien de l’art – a plongé son regard d’expert dans les moindres méandres et exhumé les articles d’une presse gourmande de scandales et de rebondissements qui fit ses choux gras de ce drame national dont on s’est beaucoup gaussé.

    C’est au premier chef l’impéritie des autorités, les disfonctionnements de la surveillance des musées qui se faisaient piller sans même qu’ils s’en aperçoivent et les imperfections d’une police technique balbutiante qui sont raillés. Comment imaginer qu’une statue de la déesse Isis pesant 20 kg puis une statuette représentant une princesse phénicienne aient disparu dans la plus grande indifférence.

     Nous en rions, alors que la réputation de ce Musée d’exception et de ses conservateurs en souffrit.
     Comme dans un roman policier vous découvrirez page après page toutes les pistes supputées, les personnalités soupçonnées et mises en causes, les récompenses mirifiques proposées pour rapatrier le chef-d’œuvre dans le giron du musée.

     Pêle-mêle : le tableau volé aurait été un faux, les pistes belges, anglaises italiennes furent successivement explorées, Apollinaire et Picasso inquiétés, des sommes faramineuses proposées pour faire revenir dans le giron du musée le chef-d’œuvre disparu !

     Je ne connais que peu d’histoires qui recèlent autant de facettes différentes dotées de couleurs d’expression aussi variées.