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Nous avons lu et aimé

Nous avons lu et aimé

Nos impressions à partager avec vous, chers(ères) lecteur(trices).


AUTREMENT
14,90 €

    Les éditions Autrement publient simultanément deux ouvrages conçus sur un même canevas et participant de la même intention, faciliter une meilleur compréhension des évènements majeurs de l’histoire à travers la connaissance d’une bonne centaine de dates clés évoquées selon la chronologie de leur avènement.
     Chacun des évènements est resitué dans l’histoire par une date et accompagné d’une carte.
       Le premier ouvrage s’intéresse à l’histoire de France. Il offre aux lecteurs 130 dates clés parmi lesquelles : 496, le baptême de Clovis, 987 l’avènement d’Hugues Capet, 1635 la création de l’Académie française, 28 juin 1919 la signature du traité de Versailles…
       L’intention de l’auteur historien, Arnaud Pautet est simple : constituer une chronologie historique de l’histoire de France restituant le processus de constitution de notre nation.



AME BRISEE

MIZUBAYASHI, AKIRA

GALLIMARD
19,00 €

     Âme brisée est un livre dont les arômes nuancés diffusent progressivement leurs senteurs à la manière des parfums du thé qui au gré de leur intensité, de leurs couleurs ou de leurs profondeurs scandent rituellement les étapes d’une journée.
      Sa musique aux rythmes à la fois lents et mélancoliques enveloppe le lecteur en éveillant ses sens.
   Prose et mélodie, musique et littérature s’entrecroisent puis se mêlent au point de se confondre et de s’exprimer una voce.
     C’est la musique de la vie des personnages du roman.
     L’instrument dont elle émane est un violon « Vuillaume » restauré. Il est l’épicentre de l’existence du Maître Luthier - Jacques Maillard - qui en a fait la grande affaire de sa vie. Chacune de ses notes chante ses origines, son martyr, l’amour bienfaisant de son restaurateur guidé par son indéfectible volonté de le ressusciter et son goût raffiné pour la musique et les arts.
      Le lecteur suit l’épopée de ce violon depuis les années 30 dans un Japon déchiré par son conflit avec la Chine jusqu’à sa restauration dans la France contemporaine où la jeune et puissante soliste Midori Yamazaki venue de Tokyo le fait sonner sur une scène parisienne prestigieuse conférant à son cheminement une résurrection en forme d’apothéose.
      Au cours de ces années le violon s’est imprégné de l’humanité débordante de celles et ceux qui croisant sa route lui ont conféré un supplément d’âme pour résister au traitement barbare et violent de ceux qui préfèrent la guerre à l’harmonie. Cet enchaînement de rencontres forment le terreau de sa résurrection.
      C’est la rencontre avec son premier propriétaire japonais qui contrevient aux lois de son pays en guerre avec la Chine et transgresse ses codes sociaux au prix de sa vie pour former un quatuor avec de jeunes étudiants chinois. C’est la rencontre avec un militaire mélomane qui désobéit aux ordres pour sauver in extremis ce Vuillaume de l’irréparable. C’est la rencontre essentielle avec ce Maître Luthier et sa compagne archetière aux gestes pesés et précis appris et répétés de longue date à Mirecourt puis à Crémone qui relèvent l’instrument de ses blessures. C’est la rencontre avec cette soliste japonaise qui le tire de son silence. C’est la rencontre fondamentale avec la musique de Schubert et son quatuor à cordes en la mineur opus 29 dit « Rosemunde » et de Bach avec la Gavotte en rondeau dans La 3e Partita pour violon seul à qui il donne sa voix.
       Ce roman à l’écriture soignée touche à ce qui donne à nos existences la dignité.

 

Christophe



CAFES, ETC.

BLONDE DIDIER

MERCURE DE FRAN
13,00 €

    Les cafés ne sont jamais des lieux anodins. Didier Blonde en consommateur habitué des comptoirs s’y rince non seulement le gosier mais encore l’œil. Calé sur sa chaise, enfoncé sur la banquette, accoudé le long du zinc Il observe et nourrit son verbe des mille et une vies de ses habitués ou passants occasionnels qui y abandonnent toujours quelque chose d’eux-mêmes. Ne voulant rien laisser se perdre l’écrivain se l’approprie. C’est cette géographie parisienne qui nous est racontée avec tendresse. Mais l’érudit guette et l’écrivain instille discrètement dans son récit des évocations littéraires ou cinématographiques dont le cœur ou l’intrigue se nouent et se développent dans les bistrots.
     Dans le dix-huitième arrondissement, Place Constantin-Pecqueur - « Au rêve » - Damia, Cendrars, Jean Marais, Mary Marquet, Jacques Brel, Suzanne Gabriello, Georges Simenon ont laissé les traces de leurs passages.
     « Modiano le rodeur de Paris, le maraudeur nocturne les utilise comme lieu de rencontres de ses personnages dans Accident nocturne ou Chien de Printemps ».
      Passage de l’Opéra, le café Certa est témoin des disputes entre Eluard et Picabia et de la dislocation du mouvement Dada.
      Combien d’heures ai-je passé au café ? Heures perdues, heures denses ? La danse des heures prend un rythme singulier, une tournure toujours différente dans ces abris parisiens où des histoires pas comme les autres se vivent sous nos yeux.
      Dès les premiers mots de ce livre attachant et précieux je m’y suis senti comme chez moi c’est-à-dire comme au café !






 

Christophe



LES OS DES FILLES

PAPIN LINE

STOCK
18,50 €

    Une même ville peut être perçue bien différemment selon les périodes et les personnes.
     Dans « Les os des filles », la ville au cœur du récit c’est Hanoï.
     Pour la grand-mère de Line Papin Hanoï fut synonyme de pauvreté et de guerre.
    Pour notre jeune écrivaine tout au contraire Hanoï - sa ville natale qui l’a vue grandir dans les années 90 - rime avec la joie d’une jeunesse vécue en famille et entourée d’amies.
     Aussi, quand vient le temps de la rupture lors de son départ pour la France, Line entame une période de souffrance et de tristesse.
     La grisaille des jours parisiens met fin à son bonheur de vivre et son esprit ne parvient pas à oublier les couleurs de la vie au Vietnam. Ce mal du pays envahit la jeune fille et se transforme bien vite en dépression.
     Line a-t-elle sa place dans ce nouveau monde ou Hanoï restera-t-elle l’ancrage de sa vie d’avant, de sa vie heureuse ?
     Comme pour exorciser son idéalisation de la ville de ses origines, Line entreprend un retour un pays.
   C’est alors que s’ouvrent de nouveaux chemins pour Line qui lui permettront de redonner du sens à son existence et continuer à avancer. Ce retour s’avère salutaire.
     Le roman de Line Papin est un bel hommage à Hanoï et au Vietnam ainsi qu’une leçon d’espoir pour tous ceux que la vie conduit à rompre avec leur terre d’origine.



VINDICTA

SIRE CEDRIC

Frémeaux et associés
21,90 €

     Vous aimez les romans policiers et vous désirez en emmener un avec vous dans votre valise pour les vacances d’été mais le choix s’avère bien difficile vu la quantité de livres proposés dans ce genre de littérature.
     Ne cherchez plus, vous l’avez trouvé, « Vindicta » est le thriller qu’il vous faut.
    Tout d’abord, laissez-moi vous présenter son auteur. Sire Cédric ou plûtot Cédric Sire (nouvelle appellation) est né en 1974.
     Il était connu jusqu’à présent pour avoir écrit des livres policiers mélanges à du fantastique et du surnaturel et pour être chanteur d’un groupe de hard métal rock.
     Avec son look gothique il ne passe jamais inaperçu dans les salons littéraires. Il a eu de nombreux prix littéraires comme le prix Masterton notamment.
      Son nouveau roman « Vindicta » est un livre qui se lit d’une traite.
     Il est très difficile de sortir de l’histoire une fois les premières pages lues. Le style est sec, rapide, percutant. On se croirait dans un scénario de film tellement les scènes d’action et le suspens montent crescendo pour déboucher sur un final à vous couper le souffle. C’est à la fois efficace et captivant.
     Un braquage d’une bijouterie par des jeunes qui tourne au drame, un flic ripou, un soldat qui tue sans regrets, un cocktail détonnant de suspens et d’émotions, à lire sans modération…



RAPPELER LES ENFANTS

POTSCHKE, ALEXIS

SEUIL
19,00 €

     Alexis Potschke est professeur de lettres dans un collège de la banlieue parisienne, un collège situé dans une de ces zones que l’on appelle pudiquement « difficiles ». Si le texte qu’il nous propose dans ce livre est une fiction, c’est bien son expérience et le grand amour de son métier qui transparaissent à chaque page ; il parvient à travers une multitude d’anecdotes à nous faire partager le regard qu’il pose sur chacun de ses élèves. Derrière les attitudes désinvoltes et parfois insolentes se cachent bien souvent désirs   et   souffrances  entremêlés.
Car ces élèves catalogués « pénibles » sont avant tout des enfants qui, comme tous les enfants, rêvent, ont soif de vie, d’affection et de savoir aussi… Sous la plume de l’auteur, chacun devient une personnalité exceptionnelle et c’est notre propre regard qui est ainsi amené à évoluer.
     Composé de courts chapitres, écrit dans un style à la fois vivant et soigné, ce livre est très agréable à lire. Et drôle bien souvent ; l’auteur a un réel talent pour les expressions imagées : Dersim et Redouane menaient une conversation en la tirant comme une couverture et les mots employés avaient les pieds froids ! Ou encore : Olivia tombe du collège comme tombent les feuilles des arbres […], comme par mégarde le font les gouttes des robinets mal fermés.
     Un beau livre qui dresse un tableau sensible de la situation d’un collège de la région parisienne et nous fait découvrir ce que peut y être le quotidien d’un jeune professeur ; un professeur qui réussit à nous faire comprendre le parcours de ses élèves et le sien, fait de joies, de déconvenues et de désarroi, le tout dans une grande humilité : On ne sait pas quoi faire, pas toujours, pas très bien, on fait au mieux. […] Les lettres qui font des mots doivent se sentir parfois un peu idiotes, parce qu’elles ne retiennent pas les larmes des enfants.
     En terminant ce livre, on se dit que si l’école est bien là pour faire grandir les élèves, sans doute aussi fait-elle grandir les professeurs !